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Maximilien LE ROY
(scénariste)
&
Christophe GAULTIER
(dessinateur)


Gauguin
Loin de la route




Maximilien Le Roy fait ici un portrait inspiré de Gauguin "…en Diogène des îles Marquises, boiteux et bringueur, fort en gueule et fragile, bourlingueur incontrôlable, ogre d'égoïsme et de sublime…"
Il nous montre l'homme à travers ses écrits, ses cris de révolte, son refus de l'ordre établi, un homme qui combat le curé et le gendarme et qui se proclame le défenseur des indigènes.

Le trait trempé et énergique de Christophe Gaultier et les couleurs de Marie Galopin fortement contrastées montrent le corps fatigué du peintre et les corps somptueux des femmes à qui Gauguin rend hommage dans sa peinture – "l'or de leur corps" – et dans la vie. Les paysages et surtout le style des dessins rappellent la peinture de Gauguin.

L'histoire commence par l'installation de Gauguin à Hiva Oa (une île des Marquises), après un séjour de six ans à Tahiti, la maison qu'il y bâtit sur un terrain situé entre une mission catholique et une église protestante. Pour lui qui est un anticlérical convaincu, cela ne manque pas d'humour.
On le voit dessiner, boire, peindre, boire, sculpter et boire encore.
On le voit danser et recevoir ses amis et braver le prêtre "toujours à genou devant votre morale d'esclave".
Et ses leçons de poésie… où il illustre sa vision du paysage par des tracés dans le sable.
Et ses bouteilles d'absinthe – "sa fée verte qui vole, qui vole" – qu'il pêche à la ligne dans le puits où elles sont au frais…
Et ses harangues pour exhorter les indigènes à retirer leurs enfants de l'école pour les éduquer "selon votre culture, vos coutumes, votre tradition. Vous n'avez pas besoin de les écouter. Ils déversent dans vos oreilles toute leur pisse corrompue !".
Et ses écrits jusqu'auboutistes contre l'institution du mariage. Et encore "songer à une libération complète, briser des vitres, au risque de se couper les doigts, faire tout ce qui était défendu et reconstruire plus ou moins heureusement sans crainte d'exagération. Devant son chevalet, le peintre n'est esclave ni du passé, ni du présent."
Tandis que le dessin montre un corps qui hurle de souffrance malgré la seringue de morphine toute prête, il écrit : "Ce qu'il faut tuer pour ne plus renaître c'est Dieu".

Le narrateur de l'histoire est Victor Segalen, médecin de marine et grand admirateur de la peinture de Gauguin. Il écrit : "découvrir ses peintures a été un choc réel, une sorte de commotion, un chambardement esthétique total. Je n'aurais jamais cru voir pareille œuvre un jour."

Après la découverte de l'œuvre, partez à la découverte de l'homme !

Nadine Dutier 
(13/01/14)    



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Bandes dessinées














Le Lombard

88 pages - 19,99




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