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Christian PERRISSIN
(scénario)

Christophe GAULTIER
(dessin)

Marie GALOPIN
(couleur)


Là où naît la brume



Cette quête d’identité autour de l’image du père se déroule essentiellement à Terre-Neuve, grande île proche du Québec vers laquelle les chalutiers français allaient pêcher la morue.

Un prologue de trois pages nous montre un enfant maintenu dans la mer par son père qui, de l’intérieur de la barque, à coups de rame, l’empêche de remonter à bord. Peut-être pas la meilleure façon de faire aimer la mer, la pêche ou la navigation.
Pourtant, dès la page suivante, on retrouve Josh, devenu adulte, à bord d’un ferry qui assure la liaison entre le continent et Terre-Neuve.

À bord d’une voiture de location, Josh va sillonner l’île et nous comprenons peu à peu ce qu’il recherche au milieu des forêts. Les dessins très expressifs pour les personnages, traduisant toute une gamme d’états ou de sentiments, de la joie à la peur en passant pas la fatigue ou la violence, nous permettent d’accompagner Josh dans sa quête de jour et de nuit, sur la route ou au milieu des bois et de croiser, évidemment, des orignaux en balade…

Deux rencontres vont l’aider dans ses recherches.
La première est une infirmière. Leur relation sera parfois difficile parce qu’il a un tempérament plutôt entier et  indépendant mais elle ne se laisse pas impressionner facilement et elle lui apportera une pièce importante de son puzzle familial.

L’autre rencontre, déterminante dans sa quête, est celle d’un voisin qui connaît bien l’histoire de cette famille et accepte d’en parler. Un récit qui permet à Josh de découvrir l’enfance de son père, de mieux comprendre d’où venait sa violence et d’apprendre ce qu’il est devenu.

Les auteurs réussissent là un bel album où le scénario, le dessin et la couleur contribuent à  nous faire partager l’épaisseur de cette histoire émouvante autour de la relation père-fils, autour des cicatrices de l’enfance et des origines de la violence, une histoire où se mêlent le présent et le passé, où nous accompagnons avec empathie le narrateur au sein d’une nature belle et froide, grandiose et sauvage, sur les traces d’une genèse fondée sur l’isolement, loin des hommes, au milieu des bois et sur une île où aucun bateau n’aime se risquer à cause d’un brouillard persistant. Josh ne ménage pas sa peine, sa détermination lui permettra de trouver les réponses à ses questions et le lecteur ne peut qu’être à la fois reconnaissant et admiratif.

Serge Cabrol 
(26/09/17)    



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Bandes dessinées














Rue de Sèvres

(Août 2017)
72 pages - 17



On peut feuilleter
les premières pages
de l'album sur le site
de l'éditeur :
www.editions-ruedesevres.fr