Daniel ARSAND

Des amants



Deux hommes se rencontrent. Leurs routes n’avaient aucune raison de se croiser. L’un est noble. L’autre est paysan. L’un, Balthazar de Créon, est sensible ; l’autre, Sébastien, est un rêveur contemplatif passionné par les plantes.

Un jour de septembre 1749, Balthazar tombe de cheval et, pour leur première rencontre, Sébastien le voit dans la gadoue et va le soigner. Après son départ, Sébastien n’attendra plus que son retour.

Leur vraie rencontre va enfin avoir lieu. Balthazar est insoumis à l’avenir que ses proches tracent pour lui. Sébastien sera curieux de tout ce qu’il découvre dans sa nouvelle vie et se passionne pour la peinture : « Il peint des ombres aussi. Quelque chose de flou et de froissé. Qui danse un peu. Qui appelle le crépuscule ou la lumière, on ne sait pas trop. Même rouges, ce sont toujours des ombres dans son esprit. Est-ce qu’une ombre est silencieuse ? Sa vie durant, il ne peindra peut-être que des ombres. Et peut-être uniquement des visages mangés d’ombres. Des visages sous lesquels on devinera l’animalité : gueules de fouine, de hase, de renard. Des visages comme des fables. Mais il ne peindra jamais l’ombre de Balthazar. Elle est trop complexe, trop proche de lui. »

Les deux hommes s’aiment mais Sébastien vivra d’autres relations sensuelles que Balthazar supportera mal. Malgré sa souffrance, Balthazar refusera de rentrer dans le rang et de se soumettre au roi. Son refus de se rendre à Versailles va lui coûter cher.
Sébastien sera obligé de survivre à l’absence de son amant. Il réalise mais un peu tard ce qu’est vraiment aimer.

Ce texte est un magnifique roman d’amour exprimé sous ses formes les plus diverses telles que le don, le partage, la jalousie, la vengeance… Ce sentiment profond qu’est l’amour apparaît dans ce roman à l’écriture fluide, sobre, chargée d’émotion mais sans aucun pathos, comme l’essentiel de l’existence.

Daniel Arsand nous livre sa vérité pour notre plus grand plaisir avec les mots qu’il utilise comme des coups de crayon à la Giacometti pour dessiner des portraits très attachants car riches d’humanité.

Brigitte Aubonnet 
(14/01/08)    



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Editions Stock, 2008
174 pages
15 €





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