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Jean Claude BOLOGNE

Le marchand d'anges


Seize nouvelles où se côtoient l’ironie, le conte, le fantastique, l’humour, la réflexion philosophique sur le pourquoi des comportements humains, voilà ce que nous propose Jean Claude Bologne. L’amour, la religion, l’espérance, la vie, la mort hantent les personnages. Le bonheur n’est pas facile à trouver et chacun essaye comme il peut.
L’écriture de Jean Claude Bologne est vivante, entraînante, drôle, nous sourions, nous rions même.

Jehan attiré par le chantier des cathédrales va à la recherche de la pierre du bonheur, de la douleur, de la vie. Pour sa mère, il recherchera la pierre de consolation. Où se trouve le bonheur ? La création artistique est aussi une recherche de bonheur en luttant contre l’ordre des choses.

Une princesse va sauver de la mort un dragon qui dévore de jeunes hommes et de jeunes filles. Où se trouve la frontière entre le bien et le mal ? La princesse part dans un labyrinthe à la recherche des disparus. « Le monde n’est pas aussi vaste que les renoncements qu’il exige. Pour ne pas devenir folle, il lui fallait trouver le désir pur, celui qui adhère à son objet sans renier les autres. Le corridor de l’essentiel, qui trouverait sa fin en elle-même. Mais où courir, où s’arrêter ? Aucun cri ne sortait de sa gorge. […] Un chemin ne valait-il pas l’autre quand le but était le parcours et non l’arrivée ? »

Un caméléon se doute que le bonheur existe et qu’il le trouvera en coupant avec la relation maternelle même si ce n’est pas facile.
Un marchand vend des anges à des enfants. L’un d’entre eux y croit plus que les autres. Il achète un ange et une angeline.

Goukouni va chercher de l’eau pour sauver son village. Il va rencontrer le génie de la savane qui va utiliser de nombreux moyens pour le berner. La source est en guerre avec le génie. Goukouni se trouve pris entre deux promesses. Sa persévérance sera-t-elle plus forte que la ruse du génie ? Les sentiments humains, leurs contradictions sont évoqués avec beaucoup d’intelligence.

Le chemin pour atteindre un but est souvent ce qui est essentiel. C’est lui qui permet à chacun de se construire, dans la confrontation aux épreuves, aux doutes, aux analyses et aux décisions à prendre.
« Je compris la leçon ? Trahir la confiance des compagnons, n’était-ce pas ce que je m’apprêtais à faire, en ouvrant le coffre ? Il est si facile de voler une société aux mille visages. »
Comment un prêtre se trouve-t-il confronté au désir ? Comment résiste-t-il au péché ?

Un homme qui se croyait attentif à sa femme découvre dans un livre que les femmes peuvent apprendre aux hommes le secret de leur plaisir. Beaucoup d’humour existe dans cette nouvelle où la métaphore d’une cathédrale représentant le sexe des femmes explore le secret du plaisir avec beaucoup de délicatesse.

La religion est souvent présente et bousculée par l’ironie de Jean Claude Bologne : « Et tout, soudain, est devenu facile. Bien sûr, nous nous plaignons toujours d’être réveillés trop tard parce qu’un démon a rendormi le sonneur. De nous attarder au chauffoir parce qu’un diablotin bloque la porte. De manger un peu trop au réfectoire parce qu’une force irrépressible nous allonge l’estomac. »

Nous découvrons aussi un Dieu bricoleur : « 1. Au commencement, Dieu créa la boîte et le couvercle. 2. La boîte était pleine de fils emmêlés ; les ténèbres l'habitaient. 3. Dieu dit : Que l'électricité soit ! Et l'électricité fut. 4. Dieu vit que l'électricité était bonne ; et Dieu inventa le cordon d'alimentation. 5. Dieu appela l'électricité « on », et il appela les ténèbres « off ». Ainsi, il y eut un allumage et une extinction. Ce fut la figure un sur le schéma de montage. »

Une discussion entre un enfant et un peintre aveugle évoque le rôle de l’imagination qui parfois est plus belle que la réalité.
Un homme qui prend un train de banlieue s’inquiète de son retour. Est-il en partance pour la mort ?
La solitude s’affiche-t-elle à une fenêtre dans le signe qu’une femme fait à une autre qui prend le bus chaque matin ?

Les comportements humains, les aléas de la vie, le rapport à la religion, à la quête du bonheur, à la vie sont abordés avec beaucoup d’originalité dans ce recueil où Jean Claude Bologne consacre sa dernière nouvelle à Cornélius Farouk, personnage mystérieux, qui se promène aussi dans les livres d’autres écrivains…

Jean Claude Bologne nous offre un très bon moment de lecture où des problèmes parfois graves sont traités avec la force de l’humour et de l’ironie et nous sommes portés par son écriture fluide et très agréable.

Brigitte Aubonnet 
(17/06/08)    



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Lectures









Le grand miroir


164 pages - 15 €








Photo © Y.M
Jean Claude Bologne

est né à Liège en 1956.
Philologue, médiéviste,
il a publié une trentaine d'ouvrages, romans, essais, dictionnaires...




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de l'auteur :
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