Orianne CHARPENTIER

La petite capuche rouge


Ce roman est une variation contemporaine et très libre sur le thème du petit chaperon rouge où les dents de la fillette sont aussi acérées que celles du loup.
La narratrice, Méthilde, élève en 3e au collège, est très imbue de sa personnalité. Elle se trouve belle, intelligente, et méprise tous les autres. « La plupart des filles de mon âge se trouvent affreuses, et souvent à juste titre, mais quant à moi, je ne me vois pas de défauts. »
Heureusement, un objet magique va peu à peu l’aider à amender son odieux comportement.
Un matin, sur une étagère de la salle de bain, elle trouve « un petit polo à capuche d’un rouge profond » qui semblait l’attendre depuis des années, bien emballé dans un plastique de pressing. Elle ne résiste pas au plaisir de l’enfiler…

Au collège, à son grand étonnement et contrairement à ses habitudes, elle accepte d’aider deux de ses camarades à préparer un contrôle de mathématiques.
En se rendant chez Sarah, elle rencontre son frère adoptif, Djebril, qui lui rappelle un événement passé.
– C'est toi qui nous as traités de pouilleux, un jour, il y a cinq ans.
[…]Tu l'as dit à Léopoldine pour qu'elle nous laisse, Sarah et moi. Je m'en souviens comme si c'était hier... Après cela, j'ai passé une semaine à vouloir m'arracher la peau sous la douche... Je me frottais au gant de crin. J'ai cru que tu disais cela à cause de moi. J'ai cru que tu me croyais sale parce que j'étais moins blanc que les autres.

Méthilde essaie de s’expliquer, maladroitement, mais le garçon ne veut rien entendre et quitte la maison en claquant la porte.

Au moment où elle va partir, la mère de Sarah lui demande si elle passe par le chemin de la forêt et lui confie un panier à porter à une de ses amies qui vit à deux pas, seule et malade. Pas de galette et de petit pot de beurre mais une boîte enveloppée d’un torchon, un pot de confiture et quelques œufs…

Méthilde s’éloigne au plus vite de la ferme, alors que la nuit tombe et qu’un orage menace. La jeune fille, tout en marchant, revoit quelques épisodes de son existence, notamment une fête chez Jérémy où elle a vécu une des pires humiliations de sa vie…

La tempête se déchaîne, Méthilde court dans le noir et la pluie, glisse dans la boue, un arbre est abattu par la foudre.

Heureusement ce n’est pas le loup qu’elle va rencontrer en chemin… et la soirée chez Irma, l’étrange vieille dame qui vit au cœur de la forêt, l’aidera à poursuivre sa route vers la nouvelle jeune fille qu’elle est en train de devenir… même si ce n’est pas en oie blanche que le vilain petit canard veut se transformer…

Un livre riche en émotions, avec des scènes fortes et de jolis morceaux d’écriture, notamment pour décrire les attitudes et le caractère de Méthilde, son goût pour l’ordre et les mathématiques.

« En un éclair j'ai imaginé à quoi ressemblerait le monde si c'était moi qui l'avais créé : de l'ordre, du bitume, des haies taillées, des compteurs de bactéries et des collégiens en uniforme, avec des couleurs différentes selon la moyenne de leurs notes en mathématiques. Du rouge et du turquoise pour les meilleurs élèves, du jaune moutarde et du vert caca d'oie pour les plus mauvais.
Un monde si parfait qu'il m'a fait froid dans le dos. 
»

Mais grâce au pull rouge, à Djebril et à madame Irma, son regard sur le monde, sur elle-même et les autres, va changer…

Serge Cabrol 
(30/07/08)    



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Jeunesse










Gallimard jeunesse

Collection Hors-piste

Format 140 x 195
128 pages - 7 €


illustrations :
Sébastien Mourrain


à partir de 11 ans






Orianne Charpentier,
née en 1974 à Saigon, pendant la guerre du Vietnam, a passé son enfance au Maroc, puis dans un petit village de Normandie. Après des études de lettres et une école de journalisme, elle a collaboré à des journaux culturels et des magazines destinés à la jeunesse.
En 2006, elle a publié Madame Gargouille
chez le même éditeur.