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Benjamin et Julien GUÉRIF


Le petit sommeil



Pierre, narrateur du roman et élève de seconde, doit effectuer un stage en entreprise et ne trouve rien d'autre (il faut dire qu'il n'a pas cherché) que la maison de retraite où travaille sa mère. Ce stage, la rencontre avec Edmond Braun et toutes les conséquences de cette étrange relation, vont pousser l'adolescent au-delà de lui-même comme une véritable épreuve initiatique.

Au lycée, Pierre est un solitaire. J'ai pas de problème. Enfin, je crois. Je suis juste discret. Je n'aime pas attirer l'attention ou m'exprimer en public. Certains adorent. Ils rivalisent d'ingéniosité pour se réserver le statut de bouffon ou de grande gueule. Ça doit leur donner l'impression d'exister. Moi, je préfère parler dans ma tête.
Au hasard d'une bousculade, il rencontre tout de même une fille. Ophélie. Elle est un peu grosse et pas très jolie, mais elle a l'air gentille.

En cours de français, ils étudient Le Cid. Deux jeunes gens s'aiment, leurs parents sont d'accord pour qu'ils se marient, tout va bien. Mais le type, Rodrigue, il tue son futur beau-père pour une connerie, et du coup sa fiancée le déteste. Je sens que ça va encore être pénible. En plus, c'est même pas écrit normalement.

Son stage dans la maison de retraite médicalisée va changer beaucoup de choses dans sa vie, y compris son point de vue sur la littérature et le théâtre. Il rencontre les collègues de sa mère, notamment Michael un aide-soignant avec qui il sera amené à travailler souvent, et puis M. Ridel, le directeur, à qui il doit poser des questions pour la rédaction de son mémoire de stage. Les problèmes de fonctionnement et de rentabilité ne vont pas être faciles à aborder.

La rencontre essentielle du livre est toutefois celle d'Edmond Braun. Un pensionnaire désagréable, autoritaire, violent avec le personnel et les autres résidents. Mais Edmond et Pierre vont s'apprivoiser mutuellement, parler littérature (M. Braun a aussi une façon bien à lui de raconter Le Cid ou Hamlet) et le jeune garçon va rendre un premier service au vieil homme, puis un deuxième, et un troisième, de plus en plus importants, de plus en plus risqués…

Edmond Braun lit Le grand sommeil et, comme un écho au roman de Chandler (traduit en français par Boris Vian), Le petit sommeil tourne peu à peu au polar inquiétant, tenant en haleine un lecteur accroché qui se demande comment tout cela va bien pouvoir se terminer…

Une bonne lecture pour les adolescents en quête d'aventures et de frissons.

Serge Cabrol 
(09/08/11)    



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Jeunesse








Editions Syros

Collection Rat Noir

160 pages - 11,90







Benjamin et Julien Guérif travaillent ensemble comme traducteurs et scénaristes. Aux éditions Syros, ils ont déjà publié deux romans dans la collection Rat Noir : Quand la banlieue dort (2009) et Pour toi j'ai volé (2010).