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Pierre HANOT


Tout du tatou



Le vendredi 13, porte-t-il bonheur ou n'apporte-t-il que des catastrophes ? Pour le héros (ou anti-héros, on peut, à juste titre s'interroger…) la question semble tranchée et la réponse assez claire, si l'on en juge aux péripéties que ce jeune garçon va affronter en moins de deux cents pages…

Le destin de Zoran, travaillant dans une entreprise de communication, va en effet basculer brutalement un vendredi 13 : ce jeune publicitaire, qui souffre de bipolarité, claque brutalement la porte de son entreprise. Ce serait une histoire finalement très simple mais… Zoran assassine son tatoueur qui vient de lui "repasser" 13 kilos d'une drogue infâme et de qualité plus que médiocre… qu'il estimait être la drogue du siècle !
Cool, camarade. Le tatoueur était tombé à la renverse, il s'était fendu le crâne tout seul, un accident, un malencontreux accident. Il ne défilerait plus à la fête de Jeanne d'Arc entre Rivoli et Opéra pour bouter l'envahisseur cosmopolite hors de la patrie en danger, pas de quoi en faire une jaunisse.

De là, les problèmes s'enchaînent à un rythme infernal : comment écouler cette drogue, lorsque l'on a, à ses trousses, des gens qui ne vous veulent pas tous que du bien ? De fuite en cache chez des personnages improbables, aux mœurs parfois étonnantes, Zoran va tenter de se défaire de ce stock bien gênant… mais rien n'est joué parce que rien, dans la réalité, ne se déroule comme dans les films.

Parfois, avouons-le, on ne sait plus qui poursuit qui : Zoran poursuit des jeunes filles, chez qui il se dissimule avec plus ou moins de succès, lui qui est recherché par la mafia et traqué par la police. Etre un tueur ou un grand truand professionnel ne s'improvise pas. Et Zoran a peut-être laissé trop de hasard, initialement, dans ses projets.

Ce roman exploite des situations cocasses : les déroutes et les ennuis de Zoran raviront le lecteur. Chaque page réserve son lot d'expressions argotiques, savoureuses, ou inattendues, qui côtoieront un beau langage. Et on dévore ce roman parce qu'on ne résiste pas non plus à l'humour, finalement, très spirituel et toujours si bienvenu. On imagine déjà un film, né du scénario de ce roman, avec des dialogues qui ne décevraient pas Audiard. Donc, pour ce qui nous concerne, nous les lecteurs, vendredi 13 ou pas, nous passerons un vrai moment de bonheur avec ce "polar" pour le moins original…

Professeur, musicien, Pierre Hanot est aussi un auteur à l'ironie mordante, lauréat en 2009 du prix Erckmann-Chatrian pour son thriller Les clous du fakir (Fayard Noir).

Sylvie Legendre-Torcolacci 
(15/12/12)    



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Noir & polar










Editions La Branche
Vendredi 13
172 pages - 15



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Pierre Hanot



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