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Michel QUINT

La folie Verdier



Le récit s'ancre dans cette terre du Nord que l'auteur connaît bien, plus particulièrement l'agglomération lilloise.

Au départ les ingrédients classique d'un roman populaire du début du siècle :
Une riche châtelaine octogénaire a fini par se laisser convaincre par son jeune amant de mettre sa propriété familiale en vente. Le gigolo, "un godelureau, trente ans, de la caresse aux prunelles et une langueur de tango dans le geste, prétend avoir des dons de médium. D'après lui le château ruisselle de mauvaises ondes et il faut s'en débarrasser." Il est vrai que la vieille demeure est bien sombre et étrangement décorée de gargouilles, de séraphins et de monstres du plus effrayant effet...

Le récit débute lors de la visite des lieux par Matthieu Ternisien, le narrateur de l'histoire, représentant de la société prête à se porter acquéreur du domaine pour transformer le château en hôtel de luxe avec parc à l'anglaise. Affaire juteuse facilitée par la complicité du notaire chargé d'effectuer la vente, qui l'a rencardé sur cette opportunité.
La jeune et charmante Charlotte Desmond, venue à la demande de quelques membres du conseil municipal qui envisageraient d'user du droit de préemption pour installer là un vague projet de centre culturel, les a rejoints. La jeune femme semble n'être là que par respect de la délégation qui lui a été faite et n'interfère nullement dans les négociations financières qui s'engagent mais, troublée par l'homme d'affaire véreux, celle qui se définit comme "célibataire par parti pris et agent de sécurité civile" observe la mascarade. Matthieu lui est sous le charme....

Bientôt sur ce canevas des plus classiques viennent se greffer d'autres éléments qui annoncent le dérapage final : on découvre que le pavillon "Verdier" au fond du jardin cache un véritable arsenal laissés par les Allemands quand Thierry, à la recherche d'un mythique trésor qui y serait enfoui, déclenche une explosion ; que le grand-père de la belle, immigré d'origine arabe, était l'homme à tout-faire du même château ; que la jeune femme troublante s'avère être chef d'une brigade de déminage ; que la vieille dame était moins dupe qu'il n'y paraissait mais que son histoire familiale et celle de la demeure sont pleines de fantômes aussi angoissants que les sculptures tarabiscotées qui encombrent cheminées, poutres et grenier...

Respectant parfaitement le cahier des charges initial de la collection, le récit est concis, le décor très présent et générateur d'images, l'atmosphère forte et l'ensemble d'une redoutable intensité. On y retrouve la patte personnelle de l'auteur dans ce goût de conjuguer histoires personnelles et grands conflits du monde.
C'est riche en nuances et en surprises, impeccablement mené et écrit, réussi et efficace en diable.

Dominique Baillon-Lalande 
(31/07/11)   



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Éditions du Moteur

44 pages - 9,50








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