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Christian ROUX


La cabane au fond du chantier



Thierry, le narrateur, se souvient de ce mercredi de septembre 1979 où son immeuble, la barre Guillaume-Apollinaire, a été détruit dans un grand nuage de poussière. Il y vivait avec sa mère et son petit frère. Son père était mort depuis déjà huit ans.

Mais l'aventure racontée dans ce livre commence un an plus tôt. La destruction de l'immeuble est annoncée et les familles seront relogées dans une nouvelle cité, constituée d'immeubles plus petits mais plus coquets, avec des toits en zinc ou en ardoise et des murs revêtus de parements en brique rouge, orange ou jaune. Ces constructions neuves verraient le jour dans le terrain vague qui jouxtait depuis des décennies la barre Guillaume-Apollinaire…

Rapidement le terrain vague est entouré de palissades, le chantier va commencer.
C'est alors que me vint l'idée saugrenue de construire une cabane.

Thierry propose le projet à sa bande de copains : trois garçons et trois filles dont Marine, qui est un peu plus que sa copine. L'accueil n'est pas enthousiaste mais peu à peu l'idée d'avoir un coin à eux, d'y faire des boums, d'organiser une fête, fait son chemin et finit par emporter l'adhésion du groupe.

Ils vont sur le terrain, bien décidés à ramasser tout ce qui traîne pour construire la cabane mais le butin est maigre et le projet semble peu réalisable.
De plus, le lieu est surveillé et un gardien s'approche d'eux en boitant, accompagné d'un chien. La conversation s'engage, Thierry explique leur idée au gardien, Alban, qui ne manifeste pas de réelle hostilité et fait demi-tour sans chercher à les dissuader. Les ados reprennent leur quête de matériel mais le résultat reste bien décevant et en fin d'après-midi Thierry reste seul face à quelques planches. C'est alors que le gardien revient et, après s'être un peu moqué du l'aspect calamiteux de leurs trouvailles, se montre rassurant :
– T'inquiète pas. Lundi, des palettes vont commencer à arriver. Du bois, t'en auras beaucoup plus qu'il t'en faut.
– Des palettes de matos ? Alors ils vont commencer à construire les tours, déjà ?
– D'abord ça sera pas des tours. Ensuite, ils vont commencer à l'autre bout. Tu les verras à peine.
[…]
– Reviens samedi prochain.


Et le samedi suivant, miracle, les palettes sont là et la construction peut commencer. Alban leur apporte même des fenêtres et une porte récupérées sur une démolition. Tout semble s'arranger et l'aventure paraît bien partie quand surgit le chef de chantier, responsable de la sécurité, qui ne voit pas d'un bon œil cette occupation clandestine d'un coin du terrain. La négociation est plus ardue qu'avec le gardien mais Thierry ne manque pas d'arguments.
Et je me lançai dans un long plaidoyer pour sauver notre cabane, utilisant sans vergogne les théories les plus éculées sur l'ennui et la délinquance. J'insistai notamment sur le nombre de portières de voitures et d'autoradios épargnés grâce au fait que nous autres, jeunes, étions occupés à assembler des planches entre elles. C'était absolument faux, évidemment, je l'ai dit au début, la cité était tranquille. Mais cet homme qui venait d'ailleurs croyait la télévision plus que ses propres yeux.
La plaidoirie de Thierry s'avère convaincante et l'homme finit par annoncer qu'il fermerait les yeux jusqu'à ce que les premiers bâtiments commencent à être érigés autour de la cabane.
L'échéance était assez éloignée pour que la bande puisse profiter un bon moment du fruit de son travail.

Et un mois plus tard, on commence à préparer une fête pour l'inauguration…

C'est alors que tout bascule. Du jour au lendemain, Alban leur interdit l'accès au chantier. Les jeunes sont stupéfaits. On les priverait de leur cabane au moment où elle est terminée ? Thierry et Marine ne se déclarent pas vaincus à la première difficulté et décident d'en savoir plus pour comprendre ce qui justifie ce brusque revirement du gardien.
Jouant les détectives en planque de nuit, ils s'aperçoivent que l'accès n'est pas interdit à tout le monde et que leur cabane n'est pas restée inoccupée…

Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Pourquoi et par qui sont-ils dépossédés de la cabane qui leur a demandé tant d'efforts ? Pour le savoir, il faut lire le livre et suivre les traces de nos jeunes et courageux héros déterminés à ne pas se laisser spolier sans régir…

Un roman agréable avec des ados qui préfèrent construire que détruire, qui ont envie de vivre une aventure collective et dont beaucoup de jeunes lecteurs pourront se sentir proches. Une lecture positive et réjouissante qui ne fera de mal à personne et qu'il ne faut surtout pas hésiter à mettre entre toutes les mains. Un excellent antidote contre la morosité et le défaitisme.

Serge Cabrol 
(03/09/12)    



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Jeunesse







Editions Syros

Souris Noire
(Août 2012)
160 pages - 6 €




Christian Roux écrit aussi
des romans policiers
pour les adultes :

Les ombres mortes

La bannière était en noir

Kadogos

L'homme à la bombe




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