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Carole ZALBERG

L'invention du désir


Une femme. Un homme. Une rencontre. Ce thème a été abordé bien des fois mais l'écriture de Carole Zalberg nous emporte dans le même élan que ce couple : "Cette guerre éclair nous laisserait tous deux vainqueurs et vaincus. Secrètement occupés."

Un souffle de désir les emporte sans qu'ils ne puissent y résister. Ils sont mariés chacun de leur côté et ne souhaitent pas bouleverser leurs vies. Ils se laissent porter par leurs hormones, leurs corps, leurs peaux… Ils savent tout ce qu'ils ne feront jamais ensemble :
"Prendre un petit-déjeuner ensemble au milieu de mille autres avant et après.
Faire le marché comme chaque semaine depuis des années.
Se rejoindre au restaurant un midi, loin de la routine, et se sentir comme des amants interdits.
"

Ils vivent leur relation sans crainte en se laissant porter par leur attirance mutuelle : "Il y avait quelque chose chez toi d'absolument présent, qui ne cherchait à échapper ni à l'avant, ni à ce qui, au-delà du jour, surviendrait. Je le sais maintenant : cette présence à la fois légère et évidente m'a attirée vers toi comme un aimant. Tu étais là, vraiment, et en même temps tellement d'ailleurs, tellement autre."

C'est ainsi, c'est simple. Il n'y a pas d'avenir. Ils le savent. Ils profitent de ce qui les emporte et ce qui les unit ne les quittera jamais même s'ils ne se voient plus.

Un très beau texte que les dessins de Frédéric Poincelet accompagnent de sensualité, de corps dénudés, de regards. Le sépia donne de la douceur dans les dessins où les traits de crayons verticaux et horizontaux jouent un rôle essentiel dans la représentation de cette rencontre.
Un moment d'évasion dans la fulgurance de cette invention personnelle et universelle.

Brigitte Aubonnet 
(03/04/11)    



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Les éditions du
Chemin de Fer


80 pages - 14