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Daniel ARSAND

Je suis en vie et tu ne m’entends pas


Ce roman très fort et très engagé rappelle qu'après l'accession d'Hitler au pouvoir des milliers d'homosexuels ont été arrêtés, torturés, tués dans des camps de concentration.

Nous suivons le parcours de Klaus Hirschkuh, un jeune Allemand né à Leipzig, qui vient de sortir du camp  de Buchenwald, en 1945,  après avoir passé quatre ans d’horreur. Il est cadavérique quand il arrive dans sa ville détruite où il retourne chez ses parents. Il a aimé Heinz Weiner qui s’est défenestré dans la période des arrestations des homosexuels en Allemagne.

Le roman est très bien construit car nous vivons avec Klaus Hirschkuh son retour à la vie, hanté par les images terribles de son incarcération. Son père, sa mère, son frère  sont surpris mais aussi gênés par le retour de ce fils squelettique qu’ils considèrent en partie responsable de ce qui lui est arrivé puisqu’il est homosexuel. Pourra-t-il se réadapter à la vie ? Son frère le déteste, lui qui est un « vrai homme ».

Le roman rend très bien cette longue reconstruction d’un être humain qui doit se battre contre sa mémoire pour ne pas être englouti par cette horreur qui le poursuit sans cesse et qui apparait en italique dans le texte : « Ses sens s'aiguisaient, la ville se déployait, son sexe exigeait, il eut vingt-sept ans, il y avait des nuits où toutes les rues présentaient l'hostilité enivrante d'une impasse — il multipliait ses virées nocturnes, la peur faisant de chacune un combat avec lui-même, non, je n'ai pas peur ou je n'ai pas assez peur pour me terrer chez moi. Mais lorsque cette peur s'intensifiait pour un oui pour un non, il n'était plus Klaus Hirschkuh, il était le numéro 5395 et en grand danger, poursuivi, épié, haï, 5395 en attente d'une étreinte, 5395 est un prédateur au pays des prédateurs, 5395 est libre et en exil, 5395 parmi des ombres, 5395 est un homme qui ne songe plus à ses amis quand il poursuit un gibier, 5395 rentre le plus souvent penaud à l'aube. »

Klaus Hirschkuh finira par quitter l’Allemagne pour venir s’installer à Paris. 
Mais la haine de l’homosexualité existe encore dans le monde moderne. Le combat continue toujours…

Le roman est partagé en trois parties : la première où Klaus Hirschkuh sort du camp, la deuxième où il part à Paris et la troisième dans les années 1980 où l’homophobie demeure toujours comme un poison.

Ce roman émouvant nous renforce dans l’idée que les combats ne s’arrêtent jamais.

Brigitte Aubonnet 
(31/03/16)    



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Actes Sud

(Mars 2016)
272 pages - 20





Daniel Arsand

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