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Jacques-Olivier BOSCO


Loupo



Oh Suzy, t'en fais pas
Je te suis, on y va
Les palaces, le soleil, la mer bleue
Toute la vie, toute la vie
Toute la vie…

Claude Nougaro, A bout de souffle



Sur un rythme effréné, comme si Brubeck accompagnait son écriture, ou notre lecture, de son rondo, Bosco met en scène des gamins aux surnoms d'animaux, qui se prennent pour des hommes parce qu'ils sont armés jusqu'aux dents.

Le Chat est le cerveau. Il indique à Loupo où se trouve le blé. Loupo est surnommé aussi le flingueur, parce que, sur le terrain, il se sert de son arme en tirant un coup de semonce pour mater la populace. Kangou, le troisième de la bande, est un champion de la bécane, ce qui leur permet de se tirer très vite. Ces trois-là sont perdus depuis toujours mais liés par une amitié indéfectible. Les dés ont été jetés dès leur naissance. Se tenir les coudes à l'Assistance Publique, ce n'est pas vraiment comme se rencontrer sur les bancs de l'ENA…

Mais lors du hold-up qui ouvre le roman tout dérape, évidemment. Loupo tire sur un panneau publicitaire dans la banque que son plus que frère et lui sont en train de braquer. Dommage, un môme de 4 ans est planqué derrière !
Loupo décide de se rendre, il veut payer pour ça. Mais avant il doit liquider quelques affaires en cours…

Ses dernières courses échevelées et sanglantes sont éclairées par de très beaux moments de grâce. Loupo en larmes devant la mère dont il a flingué le gamin. Loupo, grand seigneur, alors qu'il s'enfuit par les toits pour échapper aux flics, va revenir sur ses pas pour en sauver un en mauvaise posture. Loupo tombant amoureux de la caissière d'un cinéma qu'il braque ! Loupo est devenu un loup mais son code d'honneur le distingue encore des barbares de banlieue qu'il va devoir affronter.

Les gars étaient comme des fous, ce n'étaient plus des hommes, des gosses, des ados, l'odeur du fric leur avait grillé le cerveau. La merde dans laquelle ils vivaient avait empli leurs veines, les images de la télé, fabriqué leurs rêves, ils ne deviendraient pas des hommes, c'était trop tard… ils crachaient sur le Petit Poucet, violaient le Petit Chaperon Rouge… ils étaient le loup. Le loup les avait bouffés, il avait bouffé leur âme. Le loup est plus grand, plus fort, plus dangereux.

C'est parce qu'une larme d'amour brille encore au fond des yeux de ce gosse enragé que flotte un parfum de romantisme anar, à la Mocky, sur cette violente et noire balade qui mène inexorablement à la mort.

Sylvie Lansade 
(10/11/13)    



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Noir & polar










Editions Jigal
272 pages - 18,50






Jacques-Olivier Bosco

a déjà publié quatre livres chez Jigal, sélectionnés par plusieurs prix du polar.






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