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Gérard GLATT


La chouette idée d’Alexandre Pluche


Au fil de ses romans de terroir, Gérard Glatt nous organise un tour de France. Après les montagnes du Pays Basque dans Le temps de l’oubli et les forêts du Massif Central dans Le destin de Louise, nous partons cette fois-ci vers l’ouest pour découvrir Cancale et le souvenir des terre-neuvas qui allaient pêcher la morue dans l’Atlantique Nord.

Changement de région et changement de style aussi. Après le « nous » des habitants de Loupières, le narrateur est ici un gamin de neuf ans qui donne au livre une allure de Petit Nicolas de Goscinny. Mathieu nous fait vivre cette escapade bretonne au niveau de ses curiosités, de sa compréhension du monde et de ce qu’il perçoit des émotions qui animent les adultes.

Mathieu vit à Courbevoie avec sa petite sœur de six ans, Léonie, et ses parents, Véronique qui est institutrice à l’école du Hibou Jaune où sont scolarisés les enfants, et Cyril qui est graphiste informaticien. Alexandre Pluche est un collègue de Cyril et sa chouette idée, c’est de partir en vacances en camping-car. Le choix du véhicule par la famille dans le vaste espace d’exposition d’un loueur de Chambourcy n’engendre pas la mélancolie.

Quant à la destination, Cyril sait que Véronique rêve de retourner dans le coin de Bretagne où elle passait ses vacances d’enfant et où elle a laissé autant de souvenirs que de mystères avec cette question restée jusque-là sans réponse : pourquoi, lorsqu’elle avait seize ans, ses parents ont-ils décidé de ne plus revenir à Cancale ?

Mathieu, très à l’écoute des adultes, a vite compris qu’il y a des secrets là-dessous et que la grand-mère Mauricette n’a pas envie de lâcher le morceau. Il espère bien trouver les réponses sur place et aider Véronique à voir plus clair dans la relation qui lie sa famille à la ville de Cancale.

En route vers la Bretagne, de péages en bouchons et en aires de stationnement, la famille fait connaissance avec d’autres amateurs de camping-car, des Belges qui leur donnent rendez-vous sur le parking du "Super M" de Cancale où ils ont l’habitude de stationner pendant leurs congés.

Mais à Cancale, la famille de Mathieu va retrouver oncle Jérôme, le frère de Cyril, et son compagnon, Pierrick. Cette relation n’est pas du goût de Cyril mais Léonie adore Pierrick et  les vacances vont aider Cyril à se montrer plus tolérant. Au cours des balades dans la ville, Véronique rencontre un ami d’enfance, Briac, qui va changer la face du séjour. Le camping-car va pouvoir quitter le parking de l’hypermarché et Mathieu va découvrir avec le grand-père de Briac, la vie aventureuse des terre-neuvas.

« On était en 1929, il y a longtemps, et je disposais alors de tous mes doigts. Cette année-là, à bord de la Fleur-de-Marie, on m'a embarqué comme mousse. À titre exceptionnel. Parce que mon père était avec moi, sinon ils m'auraient refusé. »
Ils avaient filé par vent favorable, c'était assez rare pour que le grand-père de Briac s'en rappelle. Deux semaines avaient été suffisantes pour atteindre Terre-Neuve, cette île au nom de rêve, située au nord du Canada, au large de laquelle se rassemblaient, avant qu'on ne les épuise, les bancs de morues les plus riches du monde.

Le grand-père Loïck était mousse mais son père, Jovan Guillou, était dorissier sur la Fleur-de-Marie.

« Au moins, sais-tu ce que c'est qu'un dorissier ? » interrompit Briac, pensant que j'étais perdu.
Je n'avais pas osé demander.
« Non, j'ai fait avec la tête, un peu désolé.
- Des dorissiers, aujourd'hui, il n'y en a plus, m'a-t-il alors expliqué. Mais sans eux, au temps de mon grand-père, on n'aurait pas attrapé beaucoup de morues. Le dorissier, c'était le patron d'un doris. Et le doris, une embarcation pas très longue, dans les six mètres, pas davantage, et à fond plat, dans laquelle montaient le dorissier et son avant, un marin lui aussi, pour aller tendre les lignes de pêche. »

Mathieu n’ignorera plus rien des doris, des dorissiers, du boëttage des hameçons et des risques que prenaient les terre-neuvas dans les mers froides des côtes canadiennes, tandis que  Véronique, de son côté, va éclaircir peu à peu les secrets qui encombrent sa famille depuis plusieurs générations.

Des vacances instructives pour tous et chargées en émotions de toutes sortes. Finalement cette proposition d’Alexandre Pluche de partir en camping-car s’est révélée une vraiment chouette idée. Avis aux amateurs… Mathieu vous servira de guide pour découvrir Cancale et les mystères de grand-mère Mauricette !

Serge Cabrol 
(25/11/14)    



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Éditions De Borée

(Octobre 2014)
288 pages - 20









Gérard Glatt, n en 1944, se consacre maintenant entièrement à l'écriture. Il a publié deux recueils de contes du Pays Basque et La chouette idée d’Alexandre Pluche
est son septième roman.



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