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Hubert HADDAD


Corps désirable



Hubert Haddad a choisi un étrange sujet pour ce roman aux confins de plusieurs genres, roman intimiste, d’amour, d’aventures et de science-fiction, un roman dont le ton évoque parfois les contes fantastiques d’Edgar Poe ou Maupassant.
« Cette histoire, qui eût relevé du fait divers si elle n'avait pas mis en jeu l'avenir de l'humanité, pose incidemment quelques questions d'éthique littéraire : à quoi bon en effet raconter par le menu ces regrettables aléas dont l'issue ne saurait manquer de mortifier les âmes sensibles ? On s'en inquiéterait très sincèrement si l'explication ne tenait pas toute dans notre ordinaire déficience. Nul n'est garant du destin d'autrui, encore moins de ses malheurs. Pourtant, qu'un seul lecteur conçoive du fond limoneux de sa cervelle ce qu'aura eu à subir tout ce temps l'infortuné Cédric Erg et celui-ci s'en trouverait presque réconcilié sur un plan aléatoire ou du moins virtuel, de ce côté inconcevable et même inexistant de notre pauvre condition. »
Qui est donc cet infortuné Cédric Erg et quels malheurs a-t-il subis ?

Cédric est le fils unique de Morice Allyn-Weberson, un richissime industriel installé près de Genève. Sa mère a tenté de se pendre avant de se défenestrer et Cédric a fui le giron familial, choisissant d’écrire sous le pseudonyme de Cédric Erg des chroniques assassines dans un magazine d’actualité. « S'il avait pour bête noire toutes les industries prédatrices, comme les grands laboratoires pharmaceutiques ou les trusts pétroliers, la gent au pouvoir le redoutait plus encore, car il avait la dent dure envers les paillasses, portefeuillistes et autres rois à l'engrais. »

Il vit une liaison avec une très belle journaliste, Lorna Leer, dont il est follement amoureux depuis la découverte d’un grain de beauté sur sa nuque, en bas de l’oreille gauche.

Et les malheurs, alors ? Ils arrivent, sur un voilier, entre Athènes et les Cyclades.
Cédric propose à Lorna de l’épouser. Elle lui répond qu’ils vont plutôt se quitter.
Elle n’a pas le temps d’en dire plus. Un morceau de bois et de métal chutant du poste de vigie décapite le jeune homme sur le pont du bateau comme la machine du docteur Guillotin le faisait sur l’échafaud.

L’histoire pourrait se terminer là pour le pauvre Cédric, à la page 30 du roman, mais ce serait ignorer les progrès de la médecine et l’annonce par le neurochirurgien Sergio Cadavero de la possibilité de greffer une tête humaine sur le corps d’un donneur.
Cédric sera le premier bénéficiaire de cette nouvelle étape dans l’histoire des greffes humaines.

Comment Cédric se remettra-t-il de cette transplantation et de la découverte de ce nouveau corps dont le moindre muscle est animé par son propre cerveau ? Quel rôle joue son père dans le financement des très coûteuses opérations nécessaires à la réussite de la greffe ? Comment Lorna pourra-t-elle dire à son amant qu’elle ne voulait pas vraiment le quitter alors qu’elle était réellement amoureuse de lui ?  Beaucoup de questions qui ouvrent le roman sur de très intéressantes réflexions et de nombreuses aventures.

Hubert Haddad nous entraîne dans une histoire bouleversante et trépidante, aux multiples rebondissements, qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière page. Une belle surprise de cette rentrée littéraire qui nous offrira, dans une quinzaine de jours, un autre roman du même auteur, se déroulant au Japon comme c’était le cas pour le merveilleux Peintre d’éventail. Mais ceci est une autre histoire...

Serge Cabrol 
(20/08/15)    



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Zulma

(Août 2015)
176 pages - 16,50 €






Hubert Haddad,
né à Tunis en 1947,
est l'auteur de plusieurs dizaines d'ouvrages dans tous les genres : poèmes, nouvelles, récits, romans, essais, théâtre, jeunesse...

Bio-bibliographie
sur le site de l'éditeur :
www.zulma.fr




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