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Philippe LACOCHE

Vingt-quatre heures
pour convaincre une femme


Géraldine, jeune chanteuse pleine de promesse qui s'est pacsée et a acheté une maison avec Pierre il y a un an à peine, lui assène brutalement au retour d'un déplacement qu'elle le quitte.
Si l'annonce du départ de son amante pour un rival plus vieux rend le journaliste enragé, il s'en trouve trop assommé et démuni dans l'immédiat pour trouver le moindre argument valable pour la convaincre de rester.
Alors, il claque la porte et va errer dans cette ville qui est sienne et au bord de l'eau où il aime pêcher depuis toujours, sur les routes, les chemins, dans les rues ou les bars qui appartiennent à leur et à son histoire,  pour lutter contre l'effondrement et la dislocation.
Pendant ces vingt-quatre heures, à la frontière entre passé et présent, à la lueur des souvenirs, la chaleur de l'amitié et dans les bras des femmes, il tente de comprendre les raisons de cet abandon et espère trouver le moyen de retenir celle dont il est encore amoureux fou.
 
Un roman où le matériau autobiographique est passé au tamis de la littérature avec un titre en clin d’œil à Stefan Zweig qui s'apparente presque à une fausse piste : il n'y a ici ni arguments ni recettes pour convaincre la femme aimée de ne pas partir mais une impitoyable introspection initiée par cette rupture.
En effet, le long du roman structuré heure par heure comme une journée, l'évocation des souvenirs bons ou mauvais du couple laissera progressivement, au détour des lieux et des rencontres, la place au déroulé de la vie du seul narrateur, de son enfance à sa soixantaine.
Dans ce récit d'une crise qui ressemble alors furieusement à des « confessions », c'est l'existence d'un  journaliste déçu par son travail, drogué à la musique et la littérature, incapable de résister au charme féminin en général et à Géraldine en particulier, c'est la personnalité d'un homme de mémoire inscrit dans la filiation et la permanence pour lequel le terme même de rupture n'a pas de sens, qui avec sensibilité, humour et élégance, seront mises à nu.
Et le coup de poing affectif qui a frappé l'amant vieillissant en passe d'être abandonné, la colère, l'incompréhension et la douleur hébétée qu'il a ressenties, se conjuguent déjà au passé, se fondant peu à peu dans une ode à la vie, à l'amour, à l'amitié, aux femmes, au rock, à Roger Vailland et à quelques autres grands qui ont nourri son esprit et sa plume.

Un nouveau livre de Philippe Lacoche qui s'inscrit dans la droite lignée des précédents pour dire les rêves, les déceptions et les fidélités qui constituent un être, soupirer sur le temps qui passe, s'émouvoir sur les indélébiles traces que les rencontres personnelles ou artistiques ont laissées dans le cœur, s'émerveiller devant l'étrange attraction et la force de cette vie qui, malgré les cailloux glissés dans la chaussure, parvient à nous pousser toujours plus avant sur le chemin.  

Un roman fait de sensualité et de tendresse, de mélancolie et de fantômes, d'espoirs et d'inquiétudes, de passions, de chagrins et de petits bonheurs, qui à sa sortie avait fort justement été sélectionné pour le prix Interallié 2015.
À lire d'une traite devant un beau feu d'automne.

Dominique Baillon-Lalande 
(19/11/15)    



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Écriture

(Août 2015)
200 pages - 19,95



Photo  Arnaud Plancq
Philippe Lacoche


Bio-bibliographie sur
Wikipédia


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