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Max GENÈVE


Le voyage de M. de Balzac à Turin


Ce petit roman, délicieux, décape l’image poussiéreuse que nous pouvons nous faire, bien à tort, de Balzac. Max Genève nous offre une tout autre facette de ce romancier, à travers un épisode de sa vie, véridique, au moins pour les faits : en juillet 1836, le couple Guidoboni-Visconti propose à Balzac de partir à Turin pour défendre leurs intérêts dans une affaire d’héritage.

Balzac ne peut que profiter de cette opportunité pour quitter enfin Paris, ses soucis et déboires financiers (la Chronique de Paris vient d’être liquidée). Ecrivain reconnu, il vient de publier son dernier roman, le Lys dans la vallée. Lui qui rêve déjà son « Etrangère », la célèbre madame Hanska,  ne voyagera pourtant pas seul : Marcel, un jeune page, l’accompagne. Sous des vêtements masculins, se dissimule, en réalité, une femme, mariée et mère de famille, qui, ayant pour un temps quitté Limoges, est du voyage. L’intrigue, quelque peu romanesque et parfois drôle, égayera ce voyage vers l’Italie, comme de nombreux auteurs en avaient entrepris à cette époque : Occupée à se rafraîchir le séant et s’asseyant sur l’eau courante, Caroline ne l’aperçut pas tout de suite, mais comme elle avait conservé sa redingote, qui était du genre guérite, le voyageur maladroit en fut pour ses frais. Pour couronner le tout, le mouvement brusque qu’il fit pour éviter de tomber dans le ruisseau le dénonça, elle éclata de rire et cria au satyre.

Ce roman, très agréable à lire, nous entraîne dans l’atmosphère romantique de ce début de XIXème siècle non seulement par la thématique (les voyages, l’engouement pour l’Italie, le goût de la nature qui caractérisent les intellectuels et les artistes de cette période) mais surtout par la manière passionnante dont l’auteur de ce roman fait revivre cette époque. Sans jamais nous donner le sentiment de son érudition, Max Genève émaille son récit de détails historiques et culturels ou d’anecdotes vivantes. Il nous montre le charme fou que représente l’Italie pour les Français et la place de la culture française dont les Italiens sont friands.

Ce roman est une bouffée d’air pur, reposante et enrichissante. Comme cette escapade pour Balzac, ce roman est une parenthèse agréable.

Sylvie Legendre-Torcolacci 
(22/04/16)    



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Lectures








Serge Safran

(Février 2016)
224 pages - 16,90





Max Genève,
né en 1945, écrivain et scénariste, a déjà publié une trentaine de livres.

Bio-bibliographie
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