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Peter MAY


Les disparus du phare



Ce roman aborde un sujet écologique important, la disparition des abeilles, au fil d’un suspense bien construit où nous accompagnons le récit – à la première personne – d’un homme qui a perdu la mémoire et se trouve plongé dans une histoire de meurtre dont il va avoir bien du mal à comprendre les enjeux et trouver les coupables.

Peter May situe son intrigue dans les Hébrides, ces îles rocheuses battues par les flots, au nord-ouest de l’Ecosse. Les descriptions sont superbes et, au-delà d’un magnifique décor, contribuent à créer une atmosphère de violence et de mystère.

Dès la première page, donc, un homme se réveille sur une plage, rejeté par la mer, sans le moindre souvenir de ce qui lui est arrivé. Heureusement, une vieille dame qui passe par là le reconnaît et le raccompagne chez lui. Le labrador l’accueille en lui faisant la fête. A partir de là, il va pouvoir reconstituer peu à peu son passé. Découvrir son corps dans un miroir. Visiter la maison à la recherche d’autres informations. Trouver des papiers qui lui révèlent son nom, Neal Maclean, et son adresse sur l’île de Harris, au nord de l’Ecosse. Par contre, l’ordinateur portable installé sur la table de la cuisine semble ne contenir aucun fichier. Étrange…

Peu à peu, sans révéler son amnésie, il va rencontrer ses voisins, leur répondre évasivement tout en notant les informations contenues dans leurs questions. Quand on lui demande où en est son livre, il comprend qu’il est sensé en écrire un. Pourtant l’ordinateur est vide…

Grâce à un chemin tracé sur une carte de randonnée et à son chien qui a visiblement l’habitude de cette promenade,  il va découvrir  un endroit caché au creux des rochers avec dix-huit ruches…
Les ruches, les abeilles, le miel, tout cela lui semble familier sans qu’il puisse relier ce savoir à son quotidien.

Peter May fait expliquer par un de ses personnages l’importance de la pollinisation pour la survie de l’homme et le risque majeur que représente la disparition des abeilles due à l’utilisation des pesticides. « Le bruit court qu'Einstein aurait dit que si les abeilles disparaissaient, la race humaine s'éteindrait en quatre ans. C'est une citation apocryphe, bien sûr, mais pas très éloignée de la réalité. Sans l'abeille, il n'existe aucun moyen d'alimenter la population humaine et animale de la planète. Les gens souffriraient de malnutrition, d'une augmentation des maladies. Il y aurait une famine massive. Ceux qui survivraient devraient se contenter d'un régime extrêmement réduit et coûteux. Il faudrait employer des ouvriers à grande échelle pour polliniser les plantes à la main. Tu imagines ? Ils ont déjà commencé en Chine. Au bout du compte, seuls les plus riches pourraient se nourrir convenablement. »

Double intérêt donc pour ce livre. Une thèse écologique très bien argumentée et un suspense passionnant sur les traces d’un homme qui redécouvre peu à peu son identité et le combat auquel il a consacré sa vie. Les abeilles ne sont pas les seules victimes, Maclean va aussi découvrir un cadavre, être suspecté d’avoir commis le crime et avoir bien du mal à prouver une innocence dont il n’est pas vraiment sûr lui-même…

Au fil des chapitres, les choses vont s’enchaîner et Maclean va voir émerger des pans de sa mémoire, comme les pièces d’un puzzle qui vont mettre du temps avant de révéler une vue d’ensemble.

Parallèlement aux efforts de Maclean pour se dépêtrer de ce maléfique écheveau, une jeune fille, à Édimbourg, va se mettre en quête de savoir ce qu’est vraiment devenu ce père qu’elle a toujours cru mort. Keren n’a pas un caractère facile et quand elle est déterminée à percer un secret, rien ne l’arrête. On comprend vite que les itinéraires de Karen et Maclean se croiseront certainement mais où, quand et comment, suspense…

Encore un très bon roman de Peter May qu’on a suivi dans sa série chinoise et  qui nous ramène ici dans son Écosse natale à laquelle il a déjà consacré plusieurs romans, toujours très noirs. On ne s’en lasse pas et on en redemande, à suivre...

Serge Cabrol 
(04/07/16)    



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Noir & polar








Rouergue Noir

(Juin 2016)
320 pages - 22,50

Traduit de l'anglais par
Jean-René Dastugue






 Domi Photographe
Peter May,
né à Glasgow en 1951,
a été scénariste pour la télévision écossaise (plus de mille scénarios en quinze ans) avant de s'installer dans le sud de la France pour écrire des romans policiers.

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