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Benoît MINVILLE


Les Géants


La vague était déjà là, puissante, une « killeuse de poseurs ». Estéban connaissait la marche à suivre, il se plaça direct sous la lèvre de la vague et infiltra le tube. Sensation exquise, indescriptible – seul Marius pouvait comprendre. En pleine vitesse, il flatta l'eau de sa main gauche, la droite solidement accrochée à sa board. Se laissa engloutir, heureux.

Marius et Estéban, deux garçons d’une vingtaine d’années fous de surf, vivent sur la côte basque et même si leur existence n’est pas toujours rose, ils sont loin d’imaginer qu’elle risque de devenir un enfer et que le roman va basculer dans le thriller…

Marius vit avec son père, Auguste, un pêcheur venu de Marseille il y a une vingtaine d’années, Enora, sa mère, qui aide à trier et vendre le poisson, et Alma, sa sœur, qui a raté sa terminale à cause d’un chagrin d’amour  et prépare maintenant son bac en candidate libre tout en travaillant comme serveuse dans des bars.
Marius, lui, a eu son bac, mais a vite renoncé aux études universitaires. Son rêve est ailleurs. Il a acheté un vieux voilier, le « Lord Jim », qu’il retape dans un hangar en attendant le moment où il pourra enfin prendre la mer et partir à l’aventure.

Estéban vit dans un mobile-home sur un camping avec son père, Henriko, gitan accidenté du travail, sa mère Sonia d’origine marocaine et son petit frère, Bartolo, diagnostiqué « légèrement autiste ».

Les deux pères, Auguste et Henriko, arrosent régulièrement leur vieille amitié en  flirtant sérieusement avec l’alcoolisme et ce sont les mères, Enora et Sonia, qui assurent l’équilibre des familles. Ajoutons à cela la liaison clandestine qui unit Estéban à Alma, la sœur de Marius, et nous obtenons le portrait d’un clan, celui des « Géants », qui tente de résister comme il peut aux attaques de la crise économique.

Mais voilà que, dès le début du roman, arrive un vieil homme qui va sérieusement modifier l’existence de ces deux familles. César Sébiani, le père d’Auguste, sort de prison après une peine de vingt ans pour un braquage qui a mal tourné et il vient  réclamer « ce qui lui revient ». On comprend vite qu’à Marseille, après le casse, c’est Auguste qui a reçu les dernières paroles du braqueur, associé de son père, qui a réussi à cacher le magot quelque part dans les calanques avant de mourir. Auguste a quitté Marseille pour s’installer dans le pays Basque mais, de temps à autre, il fait un petit voyage vers les calanques et les lingots quand la pêche ne suffit pas et que le compte en banque vire au rouge.

César est un vieux truand de la « grande époque » du milieu marseillais et rien n’est de nature à entamer sa détermination.

Marius a aussi un caractère très violent et personne ne doit lui marcher sur les pieds ou pénétrer sur son territoire. Estéban n’est pas en reste et répond toujours présent quand il s’agit d’aider son ami.

Le rythme du roman ne cesse de s’accélérer et les fortes personnalités de tous les protagonistes créent un suspense de plus en plus haletant surtout quand un autre gang maeseillais, qui guettait la libération de César, vient se mêler de participer à la chasse au mirifique butin.

L’amour, l’amitié, les relations filiales et fraternelles, sont au cœur de l’intrigue, de même que tous ces secrets dont la révélation menace l’unité du clan. On ne sait pas bien se dire qu’on s’aime mais on arrive toujours à le prouver d’une manière ou d’une autre. Un livre plein de bruit et de fureur, à la fois tendre et violent, comme la vie…

Serge Cabrol 
(05/12/14)    



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Jeunesse







Sarbacane

(Novembre 2014)
Collection Exprim'
288 pages - 15,50

À partir de 14 ans