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Véronique OLMI


La nuit en vérité


Un très beau roman sur une relation mère-fils : "Liouba tenait à ce que son fils apprenne au prestigieux collège tout ce dont elle ne se souvenait plus. Qu'il ait le savoir, et la chance d'utiliser ce savoir. Et elle n'aurait pas supporté de l'avoir dans les pattes quand elle nettoyait le grand appartement. Elle était seule en son royaume. Et jamais elle ne baissait la garde."

Liouba fait le ménage dans un grand appartement où les propriétaires ne reviennent que de temps en temps et sans prévenir. Enzo, son fils unique qu'elle a eu très jeune, est un adolescent obèse qui a du mal à vivre dans son corps.
Comment vivre avec un corps si gros au milieu de collégiens qui sont redoutables ?

Avoir ou non de l'argent, avoir ou non le savoir ? Est-ce que des mondes très différents, quasiment opposés, peuvent se rencontrer, peuvent se supporter ?
Le mépris et l'indifférence de ceux qui ont de l'argent face à ceux qui sont différents peuvent mener à toutes les outrances.
Le désir de Loubia pour que son fils réussisse est parfois très perturbant por l'adolescent.

La violence au collège est très bien montrée mais la violence de la guerre s'insinue aussi au cœur de ce roman.
Enzo est hanté par un soldat qui a vécu l'horreur des tranchées, qui est-il ? Quel rapport a-t-il avec lui ?
Liouba enterre son passé mais celui-ci réapparaît. Elle semble enfermée dans un mystère qui l'empoisonne.
Enzo voudrait en savoir plus sur ses origines : "Elle aussi devait avoir un chagrin en sommeil, une peine en cage qui lui donnait parfois l'air méchant et, tout de suite après, un peu effrayé d'elle-même, et alors elle demandait pardon. C'était peut-être à ce moment-là qu'Enzo devait exiger un indice sur son père, quand elle était dans la honte de son sale caractère et qu'elle avait besoin de la clémence de son fils."
Comment se libérer des carcans qui étouffent pour vivre enfin sa vie ?

La fin ouverte permet à chacun d'imaginer la suite, d'être acteur de sa lecture et de réfléchir sur le sens que l'on donne à sa vie, sur ce que l'on peut accepter ou non de l'intolérance et de l'ignominie imposées par les autres. La perception que l'on a de soi-même peut se modifier en fonction du regard des autres : "…sa présence ne les avait pas dérangés. Et c'est cela qui étonna le plus Enzo."

Brigitte Aubonnet 
(17/10/13)    



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Albin Michel

(Août 2013)
320 pages - 19



Véronique Olmi,
née à Nice en 1962, comédienne, dramaturge, nouvelliste et romancière,
a déjà publié
une vingtaine de livres.


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