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Cécile OUMHANI

Tunisian Yankee


Dawood Casey est dans un camp de l’armée américaine près de Saint-Nazaire en 1917, en pleine guerre.  Il a une altercation avec un autre soldat qui l’insulte et cela se termine mal pour lui. Le racisme et les humiliations existent terriblement et il est compliqué d’y résister.

Après un long déplacement à pied, les soldats sont confrontés au combat. Dawood voit mourir ses amis sous ses yeux et lui est gravement blessé. Hospitalisé, ses souvenirs remontent et nous découvrons, en alternance avec sa situation à l’hôpital, tous les évènements de sa vie. Il a traversé de nombreux drames et problèmes et se trouve rattrapé par l’horreur de la guerre qui va l’empêcher de vivre normalement et tranquillement comme tout être le souhaite mais bien d’autres jeunes hommes et jeunes femmes à cette époque seront emportés par le tourbillon du monde en guerre.

Dawood revoit son enfance en Tunisie quand il s’appelait encore Daoud. Sa mère est partie car elle n’acceptait pas que son mari prenne une seconde épouse. Daoud ne l’a jamais revue. Son père est tyrannique et Daoud ne s’entend pas avec lui. Mouldia s’occupera de lui, c’est elle qui l’élèvera et lui apportera de l’affection. Le souhait de Daoud est de faire des études pour s’extraire de l’emprise de son père.  Il découvrira grâce à plusieurs rencontres que la vie peut offrir bien plus de possibles que ce que son père lui propose. Ses rencontres vont déterminer sa vie et son désir de découvrir d’autres horizons.

La Tunisie vit sous le régime du Protectorat français et Daoud va s’engager avec d’autres amis pour défendre les droits des Tunisiens. « Khalil reprend son souffle, bientôt rasséréné par l'accueil de Bey Tijani. Il poursuit et explique que les employés indigènes demandent l'égalité dans les salaires et dans l'avancement. Ils sont lésés depuis bien trop longtemps, par rapport à leurs collègues italiens. "La liste de nos revendications sera publiée dans le prochain numéro de notre journal Le Tunisien." […] Les voitures jaunes des tramways circulent dans Tunis, vides de voyageurs. Les autorités du protectorat essaient en vain de briser le mouvement non-violent qui se prolonge plusieurs semaines. »
Daoud Kaci va émigrer et devenir Dawood Casey.

Le roman se déroule au début du siècle dernier mais les problèmes de l’exil, de la liberté d’expression, des individus engagés dans la guerre font toujours écho aujourd’hui.

Le romanesque, sous la plume poétique de Cécile Oumhani, nous entraîne dans le vécu personnel d’un jeune homme tunisien du début du vingtième siècle qui retrace ainsi l’histoire d’une famille tunisienne, de ce que vivait le pays à cette période-là et du sort des émigrés qui se retrouvaient aux Etats-Unis pour pouvoir vivre libres en exprimant leurs idées sans risquer d’être torturés, emprisonnés ou abattus dans leurs pays d’origine. Actuellement, tant d’hommes, de femmes, de journalistes continuent à fuir leur pays où le droit à la liberté d’expression n’existe toujours pas.

Tunisian Yankee est un roman poignant sur ces vies individuelles qui symbolisent l’universel de la lutte pour vivre, aimer, s’exprimer librement dans la grandeur de ce que peut être un humain mais que les évènements mondiaux écrasent de leur violence absurde.

Brigitte Aubonnet 
(03/12/16)    



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Éditions Elyzad

(Septembre 2016)
288 pages - 19,90









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Cécile Oumhani


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