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Sous la direction d’Évelyne PEYRE & Joëlle WIELS


Mon corps a-t-il un sexe ?
Sur le genre, dialogues entre biologies et sciences sociales


Les auteurs des articles de cet ouvrage sont chercheur, chercheuse, professeur(e)d’université, médecin, psychologue, sociologue, philosophe, éthologue, musicologue, juriste, linguiste, biologiste…
Leurs diverses contributions nous donnent ainsi de nombreuses et précieuses précisions scientifiques pour lutter contre les idées reçues.
Évelyne Peyre et Joëlle Wiels introduisent l'ouvrage et explicitent le projet.
« Si le monde animal présente de multiples variations dans la fabrique du sexe, sa détermination génétique chez l’humain est aussi très complexe, encore mal connue, infiniment variée » et des présupposés idéologiques interviennent dans ce domaine de la biologie.
« L'objectif de cet ouvrage n'est pas de nier qu'il existe des femelles et des mâles et que les individus de ces deux catégories sont capables de produire des gamètes différents (ovules ou spermatozoïdes) dont la fusion permet, à terme, la procréation d'un nouvel être. L'objectif est de faire le point sur l'état des savoirs dans différentes disciplines qui travaillent sur les biologies du sexe, et de mieux comprendre comment, au-delà de la réduction binaire, la société gère ces notions de mâles et femelles. Comment, notamment, elle construit des places différentes et les assigne aux personnes selon un système hiérarchisé, ou genre, femme / homme, et comment elle (mal) traite les personnes qui n'entrent pas dans ces deux catégories. »

Le livre se partage en quatre parties :
– Construction du corps sexué
– Le sexe envahit tout le corps : dans le cerveau, dans le squelette, dans le bassin osseux, dans la voix, dans le corps dansant, dans un personnage lyrique.
– Cultures/Natures : la femelle et le mâle
– De l’identité aux représentations

Les articles apportent différents éclairages. Il n’y a pas de cerveau différent entre les hommes et les femmes, 90% des synapses se forment après la naissance et les stimulations sont essentielles car « le cerveau est un organe dynamique qui évolue tout au long de la vie. Rien n’y est jamais figé, ni programmé à la naissance. »

Paul Broca, médecin, se permet de dire en 1861 : « On s'est demandé si la petitesse du cerveau de la femme ne dépendait pas exclusivement de la petitesse de son corps. Pourtant, il ne faut pas perdre de vue que la femme est en moyenne un peu moins intelligente que l'homme. Il est donc permis de supposer que la petitesse relative du cerveau de la femme dépend à la fois de son infériorité physique et de son infériorité intellectuelle. » En fait, « en matière de cerveau ce n’est pas la quantité qui compte mais bien la qualité des connexions entre les neurones. »

Les articles sur la voix et la danse nous montrent que les différences entre les deux sexes sont minimes et ne justifient pas les cases dans lesquelles on veut classer les hommes et les femmes souvent au détriment des femmes.
« Dans notre rapport aux autres, notre voix dépend enfin, et surtout de paramètres culturels et sociaux. »
« La majorité des êtres humains naissent avec la capacité d'entendre et de prononcer n'importe quel son. Jusqu'à l'âge de six mois environ, tous les nouveaux-nés émettent à peu près les mêmes sons, quels que soient leur milieu socioculturel, la population à laquelle ils appartiennent, leur localisation géographique ; et ils perçoivent les sons de la même façon.
Apprendre à parler, c'est apprendre la langue de sa communauté, dite "langue maternelle", par mimétisme et sélection ; c'est donc réduire ses capacités phonatoires et articulatoires aux seuls sons de sa langue. Le premier modèle est bien sûr le modèle parental, surtout maternel, puis vient celui de l'école, des enseignants et des camarades. »

De nombreux exemples et précisions scientifiques montrent à quel point les débats actuels sur la théorie du genre, le mariage pour tous… sont empreints de beaucoup d’idées reçues.
« Mon corps a-t-il un sexe ? Les contributions rassemblées dans cet ouvrage mettent en relief, sous divers éclairages scientifiques, toute la complexité et la diversité des réponses possibles à cette question vis-à-vis de laquelle celle imposée par l'état civil, en deux catégories exclusives, sexe féminin versus sexe masculin, apparaît bien réductrice. »

La complexité des êtres, la diversité de la pensée, la liberté de vivre dans le respect des autres et de ce que l’on est vraiment sont des valeurs à défendre tout particulièrement actuellement où, en effet, beaucoup cherchent à imposer un mode de pensée très réducteur.

C’est un ouvrage très riche d’informations qui nourrit notre réflexion. 

Brigitte Aubonnet 
(26/05/16)    



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Lectures








La Découverte

360 pages - 32





Liste des contributeurs

July Bouhallier
Claire Bouvattier
Frank Cézilly
Louise Cossette
Christine Detrez
Josiane Gonthier
Vincent Guillot
Thierry Hoquet
Pierre Jouannet
Michel Kreutzer
Raphaëlle Legrand
Hélène Marquié
Cendrine Marro
Stéphanie Nicot
Évelyne Peyre
Christine Planté
Philippe Reigné
Mireille Ruppli
Catherine Vidal
Joëlle Wiels