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ROSTO


Noir est mon double



Magali, dix ans, a été enlevée en banlieue parisienne quatre mois plus tôt. Son kidnappeur, Jean-Christophe Rombeux, identifié sur une vidéo, a été localisé à Lyon au moment d’un autre enlèvement mais, pendant son interpellation,  il a été abattu par un mystérieux snipper depuis le toit d’un immeuble. Rombeux assassiné, aucun moyen de savoir ce qu’est devenue la petite Magali. Encore vivante comme son père en est persuadé ? Mais où et dans quel état ?

Sam Volopian, policier à l’OCDIP (Office Central des Disparitions Inquiétantes de Personnes) n’est pas décidé à lâcher l’affaire pour plusieurs raisons.
D’abord, parce que sa sœur a disparu lorsqu’elle avait treize et lui dix. Elle n’a jamais été retrouvée et c’est ce qui a déterminé Sam à entrer dans la police. Elle ressemblait beaucoup à Magali. Mêmes yeux, mêmes cheveux, même sourire. Et d'un coup, l'attente de ses parents, leur espoir, leur douleur étaient devenus les miens. Comme lorsque j'avais dix ans. Intacts.
Ensuite, parce qu’il pense savoir qui est le mystérieux snipper. Pendant cette enquête, un policier allemand, le capitaine Rächer, était en stage d’observation dans son service. Le jour où Rombeux a été abattu, le capitaine Rächer s’est volatilisé à l’aéroport de Lyon et la hiérarchie s’est aperçue qu’il n’avait jamais existé. Tous ses papiers étaient faux.
Enfin, parce qu’on n’oublie pas l’homme qui a couché avec votre femme et que Rächer a utilisé tous les moyens, y compris celui-là, pour en savoir plus sur Sam et sur l’enquête…

En chapitres alternés, nous nous glissons dans la peau d’un autre narrateur, Alexander von Niemand, qui est lui aussi à la poursuite du mystérieux snipper de Lyon. Seulement, lui, sait très bien que le snipper n’était pas le faux capitaine Râcher puisque cette fausse identité, c’était lui-même qui l’utilisait. Il était bien à Lyon au moment de la tentative d’interpellation de Rombeux, il a repéré l’immeuble d’où venait le coup de feu et, peu après,  un homme est sorti de cet immeuble, un homme dont il connaît le visage : Adrian Nerva, dit le Squale. La cinquantaine, cheveux blancs taillés court. Pas de nez. Seulement deux trous et, en guise de bouche, une fente amère qui courait comme une balafre d'une joue à l'autre. Une face maigre et osseuse qui rappelait le requin. Un truand mythique venu de l’Est qui trempe dans tous les trafics et ne s’encombre pas de sentiments.
Mais dans sa poursuite du squale, Alexander von Niemand souffre d’un sérieux handicap, une perturbation grave du système sensoriel et moteur. Un sale truc qui le prive de la perception de son corps. S'il ne suit pas des yeux ses bras et ses jambes, il est incapable de les coordonner. Dès qu'il se perd lui-même de vue, il devient inerte, comme paralysé, une vraie chiffe molle. Tireur exceptionnel et combattant expérimenté, il perd tous ses moyens dès que la lumière s’éteint. Dans son activité, c’est particulièrement gênant !

Il va falloir du temps à Sam Volopian pour comprendre que l’ex-capitaine Rächer n’est pas le snipper mais l’enquête pour identifier le Squale va le remettre sur la piste de la petite Magali.

Tous les chemins mènent à Rome et les deux loups finiront par localiser leur proie mais leurs itinéraires seront très différents. Volopian passera par la Belgique et l’ambassade d’Albanie en Italie alors que von Niemand traversera la Roumanie, la Moldavie, la Transnitrie, la Bulgarie, la Macédoine et l’Albanie… Un thriller qui fait voyager le lecteur et confronte deux façons de servir la justice : Sam est policier, respecte les règles et ne porte pas d’arme ; Alexander est plus expéditif, tous les moyens sont bons et tuer fait partie du travail…

Un roman au rythme effréné, aux chapitres courts, où l’alternance des deux points de vue maintient en permanence le suspense et l’intérêt. Et la petite Magali, qu’est-elle devenue ? Ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus... Bonne lecture à tous les amateurs d’émotions fortes et de polars bien noirs.

Serge Cabrol 
(07/10/14)    



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Noir & polar









Belfond
(Octobre 2014)
264 pages - 19










Rosto,

est le pseudonyme sous lequel Philippe Ségur, romancier et universitaire, spécialiste des droits de l'Homme, écrit ses romans noirs. Noir est mon double est son quatrième polar.




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