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Valère STARASELSKI


L'adieu aux rois


Le roman de Valère Staraselski se déroule en janvier 1794 au domicile parisien de Marc Antoine Doudeauville, avocat robespierriste, qui a l'habitude de travailler avec son secrétaire Georges de Coursault en présence d'André de Maisonseule. Les trois hommes ne se sont guère quittés depuis l'hiver 1789.

Doudeauville a été gravement blessé en janvier 1789 et depuis, il avait peu à peu recouvré la mobilité puis l'usage de son corps mais, portant corset et s'aidant d'une canne à pommeau, sorte de trique noueuse à la jacobine, il avait hérité d'une certaine raideur dans le maintien qui s'accentuait avec la fatigue.
Georges de Coursault, qui donnait régulièrement des articles au Mercure, avait fini par entrer à son service en tant que secrétaire particulier.
André de Maisonseule, lui, est un ancien officier du roi.

Ce jour-là, Doudeauville dicte à Coursault un courrier pour son ami Sébastien Bréhal installé à Boston. Dans une précédente lettre, Doudeauville avait évoqué l'exhumation, en octobre 93, des cadavres des rois et reines enterrés à Saint-Denis. Bréhal a demandé des détails sur ces événements et Doudeauville a réussi à trouver un témoin prêt à raconter en détails ce qui s'est passé dans la nécropole royale.

Ce témoin est Ferdinand Gautier, organiste de la basilique Saint-Denis. Il doit venir le lendemain, dimanche 5 janvier, pour commencer le récit de ce qu'il a vu. Pour tout dire cet accord entre les deux hommes relevait d'un véritable tour de force, car Gautier, fervent catholique, était un royaliste convaincu et n'évoquait le nom de Robespierre qu'en lui collant l'étiquette d'infâme !
Mais l'avocat avait tiré l'organiste d'une mauvaise affaire familiale et Gautier lui en était très reconnaissant. Il faisait une confiance absolue à Doudeauville et n'avait pas hésité à répondre à sa demande, d'autant plus qu'il ressentait le besoin de partager l'expérience des événements qu'il avait vécus.

C'est le récit de Gautier, devant Doudeauville et Maisonneuve, et copié au fur et à mesure par Coursault, qui constitue l'essentiel du roman. Gautier va venir tous les matins de Saint-Denis, pendant une semaine, poursuivre son macabre feuilleton.

Tout avait commencé par un décret de l'Assemblée en août 1792. Un des considérants de ce décret portait que la nation était en péril et manquait des canons nécessaires à sa défense ; qu'il fallait nommer des commissaires qui se transporteraient à Saint-Denis à l'effet de procéder à l'exhumation des ci-devant rois et reines, princes et princesses, que leurs cercueils seraient fondus puis envoyés dans les ateliers nationaux pour être convertis en armes et munitions de guerre.

Toute l'histoire de France défile dans les propos de Gautier depuis les tombeaux des Mérovingiens jusqu'à celui de Louis XV. L'organiste cite tous les noms et décrit l'état dans lequel on retrouve les différents corps selon la qualité de l'embaumement. Hommes, femmes, enfants, quarante-deux rois, trente-deux reines, soixante-trois princes et princesses ont été jetés dans les fosses communes de Saint-Denis.
Les cercueils de plomb, par leur nombre même, sont devenus trop encombrants. Aussi le commissaire aux plombs, Meignié, a pris le parti d'installer une fonderie sur place, dans un coin de la cour.
Certains monuments avaient été réalisés par des artiste comme celui de Charles VIII, "une pure merveille, une œuvre de Guidino Mazzoni de Modène".

Valère Staraselski, par sa mise en scène, la présence et les discussions parfois animées de Doudeauville et Maisonseule, rend passionnant, pour tous les amateurs d'histoire, le récit de l'organiste Ferdinand Gautier qui, lui, est un personnage bien réel.

Serge Cabrol 
(10/10/13)    



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Cherche Midi

(Août 2013)
240 pages - 16













Valère Staraselski,
romancier, nouvelliste et essayiste, est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages.



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www.valere
staraselski.net