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Séverine VIDAL


Philo mène la danse


« Je m’appelle Philo. J’ai neuf ans et je hais le foot. »
Nous retrouvons avec plaisir l’écriture, le ton de Séverine Vidal qui se met dans la peau de son narrateur pour décrire au plus près, à la première personne, ses pensées, ses réflexions, ce qu’il aime et ce qu’il déteste, ce qu’il découvre, ses problèmes, ses bonheurs et, surtout, les changements qui s’opèrent en lui. C’est ce qui permet au jeune lecteur de rencontrer une âme sœur, de réfléchir à son tour sur tout ce qui l’entoure et le questionne, de prendre un peu de distance par rapport à ce qu’il entend tous les jours à l’école ou à la maison.

Philippe est un garçon de neuf ans qui a tendance à pas mal cogiter, d’où son surnom de Philo.
Depuis deux ans, il pratique le foot dans un club, avec entrainements, match, et tout, et tout.
Mais voilà : il n’aime pas le foot ! Il n’a jamais aimé le foot mais avant, quand il n’y jouait pas, il était seul, sans copains, et les récréations lui semblaient longues. Alors « un matin de grand malaise », il a décidé d’aimer le foot. Mais il a eu beaucoup de mal à en intégrer les règles (quittant le terrain quand l’arbitre lui crie « hors-jeu »)  et le vocabulaire viril qui accompagne les victoires ou les défaites. « C’est le champ lexical de la guerre et du combat. Et moi, combattre, gagner, être le plus fort, c’est comme cette histoire de souffrance, ça ne m’intéresse pas. »

La vie aurait pu continuer ainsi : jouer au foot pour ne pas être seul tout en continuant à le détester. Mais le destin en a décidé autrement en lui faisant rencontrer l’amour et la danse !
Elle s’appelle Lorette et ça a tout de suite été le coup de foudre entre eux. Elle suit des cours de danse. Pas de tutu rose et de classique mais du modern jazz...
Et à la rentrée suivante, en CM1, la maîtresse propose justement un atelier danse pour préparer le spectacle de fin d’année. La réaction des garçons est houleuse mais mademoiselle Zède sait ce qu’elle veut et Pierre, le danseur-animateur, sait comment dépasser leurs réticences.

A la maison, c’est un peu la même réaction. Le père de Philo est déçu que son fils puisse préférer la danse au foot. Mais Philo reste sur son nuage avec Lorette, la maîtresse, l’animateur, et il aime de plus en plus la danse au point d’être capable d’en parler et de la défendre. « Petit à petit, papa a adouci son discours. Il a recommencé à me parler. Il y a eu plus de calme à la maison, l’ambiance est redevenue plus tranquille. Les parents ça s’éduque. Il faut de la pédagogie. Au début, ils ont du mal mais finalement, on note quelques progrès. »

Les illustrations sont pleines d’humour. Mayana Itoïz rend très bien les expressions et les émotions des personnages.

Voilà un livre qui peut servir de support à bien des conversations. Comment choisir soi-même ce qu’on aime ou pas ? Comment assumer ses choix face aux autres ? Un livre qui aide à se construire dans sa diversité, sa singularité, sans se sentir obligé de toujours céder à la pression du groupe, aux comportements et aux propos de la majorité. Mais sans pour autant s’enfermer dans la solitude et l’isolement. L’auteur montre qu’en regardant autour de soi, on peut trouver des personnes sur qui s’appuyer. C’est grâce à Lorette, à mademoiselle Zède ou à Pierre que Philo peut enfin mener la danse dans sa propre vie. Un livre indispensable dans les bibliothèques et les CDI !

Serge Cabrol 
(17/08/15)    



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Jeunesse







Talents hauts

(Avril 2015)
Collection Maxilu
48 pages - 7

Une collection de romans
pour les 6-8 ans


Illustrations
Mayana Itoïz








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Séverine Vidal






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