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Muriel AUGRY-MERLINO

Éclats de murmures



Bris de voix, fragments d’images, Muriel Augry-Merlino défait le quotidien de ses enveloppes pour rejoindre ce qui brûle et se plaint derrière les conversations murées. Sous sa plume, l’échiquier des jours noirs et blancs vole en éclats. Architectures, rues, nuages et mer s’affranchissent des tutelles ordinaires pour prendre une vie soudain autonome.

Le ciel se plaint à la rue qui se tasse. Ailleurs les rues se tordent et les fenêtres grillagées soupirent sous leur masque.  

Car il n’y a pas que les humains à souffrir de ce qui pèse et étouffe. Des paysages entiers se fissurent, se ternissent et gémissent dans  l’ampleur d’une souffrance lovée au creux d’un présent qui balaye tout autour de lui.  Ils entonnent le vaste cri qui s’est tari dans une gorge devenue aphone.  Un cri qui se propage sur les chemins d’un incessant voyage, hanté par les murmures accrochés aux plis du ravin...

Reste la quête de l’eau et son goût de vanille. Elle est mémoire de douceur à l’aube du chemin,  l’image où tu poursuis l’empreinte de ton rêve.  Elle est l’ultime force d’un sursaut quand la nappe bleue crache son venin.  Elle l’est avec toutes les modulations de la couleur qui irriguent le poème, en exaltent les interstices. Brûlante était la turquoise dans le ventre de l’été, car la couleur est  promesse et source de vie. Si le tournesol est voleur d’espoir et la traversée solitaire, le monde demeure présence vive et l’errance féconde en instants d’être et de ressouvenance.

Les poèmes de Muriel Augry-Merlino sont accompagnés par des gravures de Moulay Youssef Elkahfaï. Leurs profondeurs ombrées en sont le bel écho, portées par le mystère d’un trait qui suggère sans nommer.

Cécile Oumhani 
(18/02/17)    



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Gravures par
Moulay Youssef Elkahfaï