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Lawrence BLOCK


Tue-moi


Keller est un tueur à gages passionné de philatélie. Du moins, c’est ce qu’il était avant de disparaître. Sans doute tué par le commanditaire d’une de ses victimes, allez savoir ce qui se passe dans ce monde-là…

Ça, c’est la version officielle. En réalité, Keller n’est pas mort. Il a disparu certes, mais pour réapparaître sous le nom de Nicholas Edwards qui vit maintenant avec sa femme et sa fille à La Nouvelle-Orléans où il est l'un des deux associés d'une entreprise qui rénove et revend des maisons dévastées par le passage de l'ouragan Katrina. Tout pourrait être pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Mais avec la crise des "subprimes", l’effondrement du marché des prêts hypothécaires à risque et tout de ce qui en dépendait, les crédits se sont asséchés, les maisons ne se vendent plus et les deux associés sont passés de beaucoup trop de travail à quasiment plus de travail du tout.

Grâce à ses anciennes activités, Edwards a des réserves financières secrètes mais il a une famille et une grande maison à entretenir et des séries de timbres à compléter.

C’est alors que Dot se rappelle à son bon souvenir par un coup de téléphone. C’est elle qui gérait les contrats qu’il honorait en tant que tueur à gages. Morte elle aussi, officiellement, d’une balle dans la tête et brulée dans l’incendie de sa maison. En réalité, installée dans l’Arizona sous une nouvelle identité. Mais, l’argent filant trop vite à son gré, elle a décidé de reprendre du service, passé quelques coups de fil, renoué des liens, et la collaboration entre Dot et Keller est réactivée.

Les affaires s’enchaînent les unes après les autres et le roman prend des allures de recueil de nouvelles. La première concerne une femme infidèle que son mari veut éliminer, la deuxième un prêtre complice d’un trafic d’organes que son réseau veut empêcher de témoigner. La troisième est particulière parce qu’il s’agit d’une croisière dans le Golfe du Mexique à bord d’un paquebot de luxe et que sa femme va l’accompagner. Un couple passe plus facilement inaperçu. La cible est l’un des passagers…

Nous suivons avec plaisir les aventures de Keller qui commet ses crimes avec un certain détachement, le plus proprement et le plus discrètement possible, en employant des moyens très divers et parfois plutôt sophistiqués.

Ce qui est amusant aussi c’est son goût pour la philatélie et des pages entières nous font partager sa dispendieuse passion qui l’amène à évaluer des collections et s’offrir l’émotion des ventes aux enchères. Passion que certains pourraient juger absurde – au vu des sommes dépensées – mais qui ne fait de mal à personne. « Cela faisait longtemps que Keller s’était résolu à accepter l’absurdité fondamentale de ce passe-temps, et cela ne lui posait plus le moindre souci. Il était un collectionneur de timbres qui tirait énormément de plaisir de ses recherches, et c’était tout ce qui comptait. En y réfléchissant, toutes les activités humaines étaient insensées et ridicules. Le golf ? Le ski ? Le sexe ? »

Son activité de tueur est presque annexe, juste un moyen de gagner assez d’argent pour ne pas se refuser une vignette rare même si elle atteint plusieurs milliers de dollars. Quand on tue, on ne compte pas….

Serge Cabrol 
(30/12/17)    



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Noir & polar








Gallimard / Série Noire

(Novembre 2017)
336 pages - 19 €


Traduit de l'américain par
Sébastien Raizer










Lawrence Block,
né à Buffalo en 1938,
est l’auteur de plusieurs dizaines de romans.
Tue-moi est le cinquième volume de la série Keller.


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