Retour l'accueil du site





Viviane CAMPOMAR


Cette nuit-là


Ce texte est inspiré d’un fait divers et réalisé sous la forme d’un écrit qui aurait pu être issu d’un atelier d’écriture en prison ou du témoignage d’une voisine. L’écrit en italique retrace la vie d’une jeune femme qui apparaît sous le pronom personnel « elle » et le nom « l’autre ». Le « je » n’est pas utilisé mais nous pénétrons au cœur du récit dans toute la complexité de la personnalité de cette jeune femme, surnommée Blanche Neige, qui a été élevée par des parents adoptifs. Ceux-ci, quand elle a eu 18 ans, lui ont dit qu’elle était majeure et qu’elle pouvait donc partir et se prendre en charge. En fait, ils ne recevaient plus l’aide de la DASS.
 
Marianne, une puéricultrice qui est aussi passionnée par la photographie, s’intéresse à cette jeune femme débrouillarde qui, bien qu’elle vienne d’arriver dans une ville qu’elle ne connaît pas, trouve du travail très rapidement dans une boulangerie. Marianne va aussi l’aider à trouver un logement car Blanche Neige est enceinte : « Tout ce que je fis pour elle par la suite, pour l’aider à s’installer dans notre ville, n’eut qu’un seul but : effacer ma honte et lui rendre justice. »

Blanche Neige est une jeune femme très particulière qui déstabilise ses interlocuteurs et les met souvent mal à l’aise par son silence et la distance qu’elle établit avec eux.  Son histoire d’enfant abandonnée, qui a été placée dans des foyers avant de l’être dans sa famille d’accueil, a joué un rôle essentiel.   

On perçoit qu’un drame va se dérouler mais le suspense est parfaitement maintenu. La construction du récit est très bien réalisée. Différents regards se portent sur cette jeune femme à la personnalité particulière et insondable : « Plus tard, tu ne supportais pas qu'un jouet traîne par terre. Tu détestais qu'une amie entre dans ta chambre. Après il te fallait ranger compulsivement. Tes parents s'étonnaient de tes caprices maniaques. Tu ne savais pas les expliquer. Tu aimes par-dessus tout les intérieurs dénudés. L'ordre. Ça tombe bien : tu n'as plus rien autour de toi. Sauf ce cahier où tu écris quelques phrases par jour. »
Ces analyses donnent toute sa dimension à ce fonctionnement à la fois étonnant et tellement lié à un parcours de vie bien difficile. C’est un témoignage très poignant.

Brigitte Aubonnet 
(31/07/17)    



Retour
Sommaire
Lectures








Janus

(Avril 2017)
242 pages - 18




Viviane Campomar
romancière, nouvelliste
et poète, est aussi enseignante en classe préparatoire scientifique.


Bio-bibliographie sur
www.sgdl-auteurs.org