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Arnaud DUDEK


Les vérités provisoires


Jules, jeune et « gentil » homme, légèrement autiste et passé maître dans l’art du mensonge, se « sentant comme un document administratif sans tampon » depuis la disparition de sa grande sœur de 24 ans, voilà deux ans et trois mois, décide d’habiter l’appartement de la « volatilisée ».

Pour s’adonner pleinement à l’enquête qu’il veut refaire, il s’invente un cancer pour excuser son absence à l’université et auprès de ses amis.

Lentement Jules, en grande dépression, s’imprègne de la vie de Céline et nous imprègne de son immense chagrin mais aussi, subtilement, drôlement, de l’originalité de son retour à la vie. Grâce à cette enquête sur l’absente, il va retrouver le goût du présent.

De retour au classement des factures, Jules se dit qu’il est en train de reprendre des couleurs. Avec Bérénice, au milieu des autres, même si la silhouette de Céline se faufile toujours derrière les arbres et continue à le faire sursauter, il ne rejette plus l’idée d’avenir.

Jules n’a pas de certitudes et cette créature ressemble certainement beaucoup à son auteur qui, pour rendre compte de  la première rencontre de Jules avec son amoureuse, sépare sa page en trois pour y écrire, en même temps, les dialogues, les apartés, ce qui se dit en général, ce que Jules pense, pourrait inventer, ce qu’il redoute d’avouer…  C’est beau, drôle, original. On le sait, la Vérité n’existe pas, seules les « provisoires » nous font avancer…

Je persiste, j’aime les romans d’Arnaud Dudek parce qu’ils me font l’effet de certaines  chansons de Trenet,  de certains films de Truffaut ou de Woody Allen, on y sourit, le cœur broyé de  l’envol irrémédiable de l’enfance,  de l’absence définitive de quelques-uns, de cette souffrance dont parle René Char : Comme si tu condamnais, tandis que ton amour dort, le portail souverain et le chemin qui y conduit. De quoi souffres-tu ? De l’irréel intact dans le réel dévasté.

Sylvie Lansade 
(16/02/17)    



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Alma éditeur

(Février 2017)
168 pages - 16,50









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