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Mano GENTIL


Très chère Ursule




« Maintenant, je vais souffler quelques cierges et te laisser te reposer en compagnie de Caroline. Elle est comme moi, elle t’adore, chère Maman. Tu peux sommeiller autant que tu le souhaites, toujours elle veillera de son doux regard de porcelaine. Je te laisse car il est l'heure de mon feuilleton "Amour, Gloire et Beauté". Pour rien au monde, je me manquerais un épisode. »

Mais qui est Ursule Viroët ? Une vieille demoiselle, hors du temps, mal fagotée, que Julien Pulmel croise quelquefois, sur le palier, au quatrième étage d'un immeuble grenoblois où l'agence de communication événementielle pour laquelle il travaille a justement installé ses locaux.

Quand Mademoiselle Viroët traverse le palier pour se rendre à l'agence et lui demande d'organiser au château de Hohenstofür, dans le duché du même nom, entre la France et la Suisse, une réception en l'honneur de sa mère morte, là Julien ne sait plus quoi penser car la demoiselle a de l'argent, beaucoup d'argent et se dit appartenir à cette noble famille. Est-ce une folle ? Une affabulatrice ? Une riche héritière excentrique ? En tout cas, devant les propositions alléchantes de Mademoiselle Viroët, le patron de Julien ne se pose plus de questions et va organiser la réception dont rêve Ursule.

Il ne sait pas ce que sait le lecteur... La narration est tantôt distanciée, on nous décrit les Socart, père et fils, hâbleurs et vénaux, qui tiennent l'agence, leur discret et distrait employé, Julien, qui en devient énigmatique, et Ursule et son extravagante demande, tantôt on nous plonge dans le monologue intérieur d’Ursule, visiblement très dérangée par une enfance douloureuse. Elle parle à sa poupée, à sa mère, sans distinguer le mort du vivant et petit à petit on bascule du quotidien prosaïque d'une agence à l’horreur sournoise des haines familiales rancies.

C'est le charme du roman inclassable de Mano Gentil. Drôle de "polar" qui met à jour, sous des apparences triviales et souvent cocasses, de sombres abysses criminels. Et si le personnage d’Ursule n'était pas la seule chausse-trappe de cette fiction ?
Mais dans l’événementiel, "the show must go on" et les tabloïds se vendre !

« C'est vrai, je n'ai jamais eu d'amis, mais c'est justement pour cela que je compte désormais m'en faire et des meilleurs. Il n'y aura pas une tête couronnée ou un nom à particule qui ne connaîtra Mlle Ursule Viroët. Et notre ami banquier aussi pourra prétendre à mon amitié, cela dépendra du zèle qu’il montrera à mettre de l'ordre dans mes affaires. J'oubliais : les banquiers aussi s'achètent. Crois-moi, Maman, l'argent est un sésame divin. »

Sylvie Lansade 
(03/06/17)    



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Serge Safran

240pages - 17,90








Mano Gentil
a déjà publié une quinzaine de livres
pour les adultes
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