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Philippe GINDRE & POULPY


Édouard, l’araignée du soir



« Édouard est une araignée du soir. Dans son petit cœur d’araignée, il y a toujours un peu d’espoir. » C’est sur ces mots que s’ouvre le petit livre écrit par Philippe Gindre et illustré par Poulpy, que viennent de publier les éditions de La Clef d’Argent. L’ouvrage offre une série de doubles pages qui présentent en regard un texte très aéré et un dessin riche en détails. Édouard, donc, n’est pas très heureux car les autres araignées qui vivent autour de lui sont toutes d’humeur chagrine. Il décide donc de partir en voyage, à la recherche de congénères moins moroses. C’est l’occasion, pour le jeune lecteur, de se faire apprenti géographe – Édouard traverse l’Eurasie, L’Afrique, l’Amérique, l’Australie, et même l’Antarctique – et aussi apprenti entomologiste, car à chaque continent correspond une espèce particulière d’arachnide – épeire, mygale, veuve noire, tarentule, et même… araignée de mer – chacune  dessinée avec ses caractères spécifiques. L’enfant est même convié à devenir apprenti philosophe, car le texte distille une sagesse à la portée des petits  – « Quand il pleut, quand le vent souffle en tempête, Édouard se fait une raison : après la pluie, vient le beau temps. » – et offre une réponse dédramatisante à des questions graves comme on peut s’en poser à six ans, par exemple sur la mort : « Édouard sait bien qu’il ne vivra pas toujours. Il n’en fait pas une maladie. », le tout  pimenté d’humour tendre.

Le texte de Philippe Gindre a la simplicité cristalline et la poésie d’une comptine. Quant aux dessins de Poulpy, ils sont d’une fantaisie et d’une précision qui forcent l’admiration. Il faut voir avec quelle verve la dessinatrice dépeint l’accablement des araignées du matin, sujettes au chagrin comme chacun sait, où l’inconfort dont souffrent les tarentules d’Australie, contraintes de se serrer les unes contre les autres dans leurs terriers, à cause d’une invasion de lapins !

Le livre, et la quête d’Édouard, s’achèvent sur une merveilleuse trouvaille qui amusera les enfants et séduira leurs parents, pour peu qu’ils soient amateurs de peinture. Ce petit bijou d’humour et de poésie est à conseiller à tous, et plus spécialement aux arachnophobes, qui y trouveront de quoi dédramatiser leurs terreurs.

Sylvie Huguet 
(07/01/17)    




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Jeunesse








La Clef d'Argent

80 pages - 14