Retour à l'accueil du site





Françoise LE MER


L’extinction des cougars



La communication sur les réseaux sociaux, ses avantages et ses risques,  jouent un grand rôle dans cette histoire. On se raconte, on montre des photos, on se confie à des « amis » virtuels. Tout semble pour le mieux dans le meilleur des mondes. Malheureusement, la naïveté des uns n’a d’égale que la perversité des autres et ces merveilleux bavardages peuvent se muer peu à peu en mésaventures diaboliques…

Le roman commence comme un épisode de Desperate housewives avant de basculer dans un polar bien noir. Des femmes libres, sans compagnon pour diverses raisons, vont partager leurs petits secrets sans imaginer qu’un grand méchant loup tapi dans l’ombre du web épie leurs confidences.

La première qu’on rencontre, Nathalie Nicette, quarante-sept ans, veuve depuis trois ans, vit seule, sans autres visites que celles de ses deux grands enfants. Elle est professeur de Lettres Classiques et on la suit, sur le chemin de son collège, « le plus beau sans doute de Quimper et des environs », dans sa classe ou dans la salle des profs. À la longueur de certains passages, on comprend pourquoi l’auteur a dédié ce livre à ses collègues…

En allant acheter des huîtres au marché, elle croise Christiane, une amie qu’elle n’a pas revue depuis leurs années de lycée. Quittée par son mari parti avec une jeunette, Crista (c’est ainsi qu’elle préfère qu’on l’appelle) est « peinteuse » dans une faïencerie. Nous aurons le plaisir de visiter son entreprise et de découvrir son travail, c’est toujours instructif. C’est elle qui explique à Nathalie le fonctionnement des réseaux sociaux et qui l’inscrit sur « Fakesbook », l’outil moderne des belles rencontres.

Avec Marie, autre ancienne copine, divorcée et donc libre elle aussi, elles vont s’organiser une petite soirée en discothèque. Sur le parking, elles rencontrent Lisette et nous voici maintenant avec un groupe de quatre femmes en goguette.

Bien sûr, des hommes vont rapidement tourner autour de proies si tentantes. Jean-Luc, Thibaud, Julien, et quelques autres, sans oublier les contacts virtuels de « Fakesbook »…

La première victime sera Lisette mais hélas elle ne sera pas la dernière…

Les héros récurrents de cette série, le commissaire Le Gwen et son adjoint, le lieutenant Le Fur, vont avoir bien du mal à comprendre qui en veut à ces femmes et plus particulièrement à Nathalie qui semble la véritable cible du cyber criminel. Des secrets enfouis vont resurgir pour expliquer cette haine aussi ancienne que tenace.

L’angoisse monte au fil des chapitres et le suspense nous fait rapidement tourner les pages avec cette question à chaque homme rencontré : ami ou ennemi ? Nous n’en dirons pas plus, à chacun de se faire une idée en dévorant ce roman qui nous promène agréablement dans Quimper le jour,  avec beaucoup plus d’inquiétude la nuit. Un auteur à découvrir, une série à suivre pour les amateurs de sensations fortes et de tourisme en Bretagne…

Serge Cabrol 
(16/01/17)    



Retour
Sommaire
Noir & polar








Palémon

(Octobre 2016)
272 pages - 10








Françoise Le Mer,
née à Douarnenez,  enseigne le français à Quimper. L’extinction des cougars est son dix-septième roman.