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Stéphane SERVANT

Sirius



– Des zoiseaux ?
– Non, Kid, répondit la jeune fille, ce ne sont pas des oiseaux.
Le petit tenait son nez levé vers la nuit qui étendait son immense couverture au-dessus de ce coin du monde.
La cabane était perchée tout en haut du chêne, à une dizaine de mètres du sol.
Avril et Kid étaient allongés sur la plate-forme qui formait une terrasse à l’aplomb du vide, si bien qu’on aurait pu croire qu’eux aussi étaient suspendus au milieu du ciel.

Un grand chêne, le ciel, une cabane, le récit démarre comme dans un rêve, mais une impression de vertigineuse fragilité plane. Car du haut de leur arbre, Kid et Avril ont une vue imprenable sur un monde de désolation. La guerre et les milices ont tout ravagé, un mystérieux virus a décimé l’immense majorité des êtres vivants et les quelques hommes encore vifs luttent contre les éléments, luttent pour se protéger et se nourrir, luttent pour rester en vie.
Avril vit là, à dix mètres du sol, avec son petit frère. Ils attendent la fin de la guerre pour retourner chez eux. Cachés, ils ne descendent de leur refuge que pour chercher à manger.

Lors d’une visite à la capsule contenant les précieux vivres, un événement imprévu va les obliger à fuir, laissant derrière eux la cabane et leurs affaires.
Traqués, ils fuient toujours plus loin. Avril fait tout ce qu’elle peut pour protéger et élever Kid dans un monde hostile et sans pitié : la faim, la soif, un climat déréglé, la pollution, les milices, la solitude. Un monde où la violence est partout, et l’homme prêt à tout pour survivre.  
Mais une rencontre aussi singulière qu’inattendue, Sirius, va tout bouleverser, faisant pénétrer dans le monde une lueur d’espoir.

Le récit, captivant, flirte entre réalité et fantastique. Il pose des questions fondamentales et aborde des sujets que notre monde actuel vit de plein fouet : la destruction de l’environnement, les dérèglements climatiques, les réfugiés, la guerre, l’obscurantisme religieux ou encore la condition animale.
Mais si l’homme semble vouloir tout détruire autour de lui, il est aussi doué d’une résistance exceptionnelle et d’un désir de vie plus fort que tout. La spirale infernale n’est pas immuable.
Un regain de conscience, de solidarité, de communion avec la nature, de respect de toute forme de vie animale ou végétale reste possible. Le monde nous apparait alors autrement. Les étoiles n’ont pas fini de briller.

Voici une fable résolument écologiste et humaniste qui ouvre nos yeux englués sans pour autant leur donner envie de se refermer. Un récit qui va de l’avant, guidé par la lumière de la réflexion et de l’intelligence.
Un livre très bien écrit,  riche et sensible, qui résonne comme un hymne à la vie et à la paix.

À découvrir absolument !

Cécile De Ram 
(25/09/17)    



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Jeunesse








Éditions du Rouergue

(Août 2017)
Collection Epik
480 pages - 16,50 €







Stéphane Servant,
né en 1975
dans le sud de la France, est l’auteur de nombreux livres pour la jeunesse.

Bio-bibliographie
sur le blog de
Stéphane Servant




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