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V. VALEIX


Échec à la Reine


L’auteur, apicultrice passionnée d’Histoire, nous offre un polar qui sent bon les fleurs et le miel, au cœur des Causses du Quercy, près de Rocamadour.

Audrey Astier, héroïne et enquêtrice dans cette sombre histoire, est apicultrice, elle aussi, et agent sanitaire pour les services vétérinaires de la Préfecture. Grâce à elle, nous découvrons de plus près le matériel et les opérations de récolte du miel, les différences entre l’abeille noire et la Buckfast, le débat entre authenticité et hybridation du cheptel, les maladies et parasites comme la loque américaine ou le varroa, tout cela ayant directement à voir avec le fond de cette ténébreuse affaire.

Tout commence quand Audrey reçoit un coup de téléphone de son maître de stage et ami, Janissou Laborde, dit « le papé » qui l’invite à souper car il a une « merveilleuse nouvelle » à lui annoncer : « Je crois bien que j’ai trouvé la solution en matière de sauvegarde. »
Mais Audrey n’en saura pas plus car, lorsqu’elle arrive chez le papé, il n’est pas chez lui. Il a laissé à son intention une lettre étrange, tapée à la machine, qui ne la convainc pas du tout. Pour elle, cette disparition est aussi mystérieuse qu’inquiétante.

Elle essaie de joindre l’adjudant-chef Lebel qui commande la gendarmerie locale mais elle apprend que, suite à un accident, il a été mis à la retraite et se soigne en Bretagne. Il a été remplacé par le lieutenant Antoine Steinberger récemment arrivé de Strasbourg qui se montre beaucoup moins communicatif et coopératif que Lebel. Pour lui, aucun élément ne permet de penser à une disparition et il n’y a pas lieu d’ouvrir la moindre enquête.

Toutefois, la situation va rapidement évoluer. En visite chez un autre apiculteur dont les ruches sont atteintes par la loque américaine et doivent être détruites, Audrey est assommée et se réveille dans une chambre de la maison. Elle comprend alors que la maison est en train de brûler. Les pompiers étant intervenus rapidement, elle échappe à l’incendie pour découvrir que l’apiculteur est mort suite à de trop nombreuses piqûres d’abeilles. Le lieutenant Steinberger admet alors qu’il y a peut-être quelque chose d’étrange dans ces événements...

D’autres personnages vont aussi apporter leur dose de mystère : un soi-disant pèlerin en route pour Compostelle ; une voisine américaine récemment arrivée de Boston pour acheter une bergerie et élever des chèvres ; la directrice d’un musée des arts populaires ; le médecin qui a signé le permis d’inhumer de l’apiculteur avant de s’envoler pour un séminaire en Angleterre…

Les relations distantes entre Audrey et le lieutenant vont lentement s’améliorer et la jeune apicultrice peut toujours compter sur Lebel qui, bien qu’immobilisé en Bretagne, va lui fournir de précieux renseignements obtenus par ses réseaux. Et notamment des informations sur une mystérieuse fondation, l’Apis Dei, « une confrérie secrète, scientifique et libérale fondée en 1816 par l'égyptologue Champollion alors en disgrâce car bonapartiste. Le but premier de l'Apis Dei était d'éduquer les populations sans distinction de religion. La devise de l'Ordre reflétait une image ne manquant pas d'une certaine grandeur : "Dei servat Apes, Apes servat homines" ; Dieu sauve les abeilles, les abeilles sauvent les hommes. » Elle aurait pour mission de sensibiliser les gens à la disparition de l'abeille mais cette activité semble bien n’être qu’une couverture. Pour connaître ses motivations réelles, il va falloir encore enquêter et braver bien des périls…

Nous accompagnons Audrey avec beaucoup de plaisir et comme ce roman est présenté comme le début d’une série mêlant intrigue, écologie, Histoire et patrimoine, nous lui souhaitons longue vie. À suivre…

Serge Cabrol 
(01/06/17)    



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Noir & polar








Palémon

(Mars 2017)
384 pages - 10














V. Valeix
née en 1971, apicultrice et passionnée d'Histoire, est engagée dans le combat contre l'effondrement des colonies d’abeilles
et dans l'apithérapie.
Échec à la Reine
est son premier roman.