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BEYROUK


Je suis seul


Un homme revient en ville où il réalise que celle-ci est envahie par les djihadistes. Il retrouve son ancien amour, Nezha, qui le protège chez elle. Il reste alors enfermé, enterré vivant pour ne pas se faire remarquer par des personnes de l’extérieur car elle est censée vivre seule et les obscurantistes la surveillent de près.

C’est un vibrant témoignage de vie face aux intégristes qui imposent leur loi en étouffant tous les plaisirs : la musique, la danse, le foot, l’alcool, les cigarettes…
« Les fanatiques n’ont pas le sens de l’humour, ils ne savent pas rire, ils ne savent pas rêver. »

Nous vivons l’enfermement avec le narrateur qui passe de l’espoir au désespoir, du rêve à la révolte…
« Mais qu'est-ce qui nous prend de baisser la tête ? Je devrais crier très fort, réveiller tout le voisinage : "Nous ne sommes pas morts, nous sommes vivants, mon Dieu, mais grouillons-nous donc, renvoyons ces bêtes efflanquées à leurs vides paysages, sortons dans les rues, vivons, refusons qu'on nous enterre !", mais je sais que je ne le ferai jamais, je ne suis pas un héros. »

Il a vu dériver Etham vers l’intégrisme : « Déjà il nous traitait comme des enfants aveugles, sans esprit, alors que lui avait vu grandes ouvertes les portes des vérités. Et puis, un jour, il perdit le sourire et nous ne l’amusâmes plus. C’est comme cela que commence la folie. »

Il se rappelle l’action de son aïeul Nacereddine : « Nacereddine a cependant provoqué, c'est sûr, la mort de milliers d'hommes, sont-ce les fautes de mon aïeul que je paye aujourd'hui ? Mais a-t-il vraiment fauté ? Il a seulement voulu construire un monde. Tous les grands bâtisseurs finissent-ils comme assassins ? »

C’est un roman qui montre comment les individus sont empêchés de liberté quand l’obscurantisme s’installe dans un pays et nous vivons le temps terriblement long de l’enfermement et de l’attente.
Un roman important pour nous rappeler que la résistance et la vigilance doivent toujours nous guider pour éviter ces dérives qui tuent la vie.

Brigitte Aubonnet 
(23/11/18)    



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Elyzad

(Septembre 2018)
112 pages - 14



Beyrouk,
auteur mauritanien


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un autre livre de Beyrouk :
Le tambour des larmes