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Anne COLLONGUES

Le gant

Ce récit court a un air de nouvelle tant sa trame est ténue et basée sur un simple petit événement qui fait déclic. On ose ici un résumé puisque tout l’intérêt du livre se trouve ailleurs, dans sa mise en écriture, dans la remontée de souvenirs qu’éveille ce petit événement.

La perte d’un gant, tel est l’événement qui déclenche le récit. La narratrice le cherche, ne le trouve pas. Elle erre alors, comme si une partie d’elle-même lui manquait subitement. Cette partie manquante en ravive une autre. Souvenir d’un amant. D’un choix qu’elle aurait eu à faire, a peut-être à faire encore. Le mari ? L’amant ? La narratrice marche et ira jusqu’à trancher en une chute que l’auteure, Anne Collongues, a particulièrement soignée.

Le récit est accompagné de magnifiques gravures en noir et blanc signées Patrick Devreux. Plus qu’illustrer l’histoire, le plasticien la creuse, travaille dans les non-dits du texte, dans ses blancs et ses intervalles. Chaque dessin ou motif permet ainsi des arrêts de lecture, invite à suivre la narration avec la lenteur qui lui va si bien.

C’est un petit objet complet que les éditions Esperluète proposent donc aux lecteurs. Un livre comme une errance intime, l’un de ces moments que l’on s’accorde peu et qui, pourtant, permettent à l’esprit de prendre de nécessaires chemins de traverse.

Isabelle Rossignol 
(03/02/18)    



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Esperluète

(Février 2018)
48 pages - 14

Encres de
Patrick Devreux