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Régine DETAMBEL

Platine


Jean Harlow, actrice de cinéma à Hollywood, est née en 1911 et morte en 1937. Elle fut adulée pour la plastique de son corps notamment pour sa poitrine magnifique et ses cheveux qui prenaient merveilleusement la lumière. La maladie l’a trop tôt emportée : «Malgré son physique d’or et de platine la blonde Harlow fut loin d’avoir une énergie sidérale. A l’âge où tout le monde fait la fête, elle n’a pas eu le loisir d’arpenter d’autres contrées que les marécages de la maladie, tout droit en direction du royaume des morts, belle démonstration que, malgré le prestige social, malgré les séances de gymnastique, les heures de sauna et les massages spéciaux, notre seule raison de vivre est bien de surmonter la vie, de traverser la vallée implacable qu’est la peur de cette vie, et de l’écrire pour l’exprimer, l’écrire ou la jouer, la calligraphier ou la filmer, c’est du pareil au même, je ne vois vraiment pas la différence, résoudre, résoudre des questions, des problèmes, afin de nous résoudre nous-mêmes, en lumière ou en poussière, en pellicule ou en caractères. »

Jean Harlow fut une star et l’écriture de Régine Detambel, telle une étoile filante, retrace avec brio la vie de cette actrice morte en pleine gloire. Ce roman bien plus qu’une biographie dépeint les tourments de Jean Harlow qui s’est sentie utilisée par les studios de production qui cherchaient à  réaliser le maximum de profits en se servant de la beauté de son corps sans tenir compte de la personne qu’elle était vraiment. Comment être soi-même quand les producteurs et les spectateurs ne voient que vos seins et vos cheveux ? Elle s’est toujours sentie très seule et ses différents mariages furent dramatiques. De plus, sa mère s’intéressait plus à ses propres relations amoureuses qu’à sa fille. Et Marino, l’amant de la mère, a bien exploité la fille en profitant de l’argent de la jeune actrice, femme objet, que les producteurs enfermaient dans ce rôle. Vivre et réussir sa vie est souvent complexe, parfois douloureux, et même les stars n’y échappent pas.

Ce roman retrace aussi l’histoire du cinéma, avec le début du parlant en octobre 1927 qui fut une période fatale pour bien des actrices et acteurs du cinéma muet. Régine Detambel va d’un personnage à un autre avec, sous la lumière des projecteurs, Jean Harlow qui se débat avec son  rapport difficile à la vie. Grâce à cette écriture tourbillonnante, l’auteur évoque les différents évènements mondiaux du début du 20ème siècle. Les allers-retours entre personnages, évènements, périodes de vie sont aussi rapides que le passage fulgurant de Jean Harlow.

L’actualité de ces derniers mois avec l’affaire Weinstein trouve des échos dans les rapports de pouvoir que les metteurs en scène et producteurs établissaient avec leurs actrices. Voilà bien longtemps que les femmes se font harceler et le monde du cinéma utilise bien plus que de raison le désir des jeunes femmes à devenir actrices et célèbres.

Les images littéraires de Régine Detambel nous enchantent toujours autant pour rendre avec une émotion décuplée la force du propos.
« Si vous aviez eu la chance de percevoir la substance de Jean Harlow, ce rayonnement qu’elle émettait… Et son odeur lumineuse, dans laquelle rien n’était hostile. Avec elle, on buvait du platine. »

Brigitte Aubonnet 
(03/05/18)   



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Actes Sud

(Mai 2018)
192 pages - 16,50 €






Pour visiter le site de Régine Detambel :
www.detambel.com

Régine Detambel propose des séances de bibliothérapie tous publics et l’accueil d’écrivants en résidence




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