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Christophe LÉON


L’art de ne pas être des moutons



Ce livre présente deux profils de garçons très différents bien que vivant dans la même région rurale.

La première partie est construite autour d'Yvon, fils d'agriculteur, dont le père est très fier de sa terre, de son travail, heureux d'emmener son fils sur son tracteur et de lui faire partager sa passion.
« J'ai installé le siège auto à côté de moi, m'a-t-il raconté. C'était au printemps, en fin d'après-midi. Il avait fait une chaleur inhabituelle dans la journée, t’étais habillé d'une simple liquette. Tes jambes potelées à l'air libre, tu gigotais comme un ver de terre au bout d’un bec de poule. J’ai réglé puis branché l'air conditionné et il a fait tout de suite meilleur dans l’habitacle. C’était la première fois que tu m'accompagnais. »
Yvon est aussi initié très tôt à la chasse et reçoit son premier fusil pour ses quatorze ans. Le père ne transigeait pas avec les traditions.
L’auteur nous montre toutes les facettes du métier d'agriculteur aujourd'hui, véritable chef d'entreprise.
« Papa avait fait construire une annexe qui lui servait de bureau. Une pièce où il avait installé deux ordinateurs, un pour lui et un pour ma mère, ainsi que des cartes du cadastre délimitant ses terres, et des plannings qui indiquaient les cultures et leur rotation. Ce bureau n'avait rien à envier à celui d'un cadre supérieur de l'industrie ou du commerce. »
La mère d'Yvon y travaille aussi, devenant une spécialiste de la pêche aux subventions dans les moindres recoins de la PAC, la politique agricole commune, recevant les représentants de matériel agricole ou de produits phytosanitaires.
Un ouvrier agricole, Jean, s'occupait des engrais mais lorsqu'il est mort d'un cancer, personne n'a fait le lien avec les produits chimiques qu'il manipulait. Il faudra que le père soit atteint à son tour pour qu’on fasse le rapprochement.

La deuxième partie met en scène P’tit Louis dont la mère est morte depuis cinq ans. Son père, contremaître dans une usine, travaille en équipe de nuit pour s'occuper de son fils dans la journée.
Louis a treize ans et profite des nuits où il est seul pour se rendre sur le chantier d'un centre de loisirs en construction dans la forêt. Le père d’Yvon avait d’ailleurs vendu une parcelle de bois aux promoteurs du parc.
P’tit louis a choisi le camp opposé. « Des opposants au projet s'étaient installés illégalement dans le secteur et empêchaient les ouvriers de poursuivre le déboisement. La lecture du journal local apprit à P’tit Louis qu’on appelait ces envahisseurs des zadistes. Un nom dérivé de l'acronyme ZAD, qui signifie zone à défendre. […] L'emplacement du Center Green se situait en plein milieu d'une zone humide, et les zadistes s'opposaient à sa construction en organisant sur place un sit-in permanent. »

Yvon et P’tit Louis, ce sont deux regards différents sur la réalité rurale, mais des regards qui peuvent se croiser et se rejoindre quand les effets d’une pseudo-modernité mettent en danger les équilibres naturels et la santé des habitants pour que des entreprises réalisent toujours plus de bénéfices sous la pression de leurs actionnaires.
Une lecture qui aide à réfléchir...

Serge Cabrol 
(27/08/18)    



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Jeunesse







Le Muscadier

80 pages - 9,50





Christophe Léon

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de l'auteur :
www.christophe-leon.fr




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