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Gérard COQUET


L’Aigle des Tourbières


I
Albanie, 21 décembre 1981
Të shpëtoftë Perendia nga shèrri i grùas
(Garde-toi de la malice de la femme)

Adil Çarçani, membre important du parti communiste albanais, reçoit Susan pour sa demande de rencontre avec Enver Hoxha, leader hyper stalinien qui a enfermé l’Albanie pendant près de 50 ans.
« Nous sommes d’accord ! Donc en 1970, toute ta petite famille rentre en Irlande pour s’adonner aux joies de la lutte fraticide. Pierre Guivarch reconnait son enfant mais malheureusement, deux ans plus tard, il tombe sous les balles d’un commando loyaliste. Tu décides de revenir à Paris, toujours accompagnée de ton fils, et rejoins les sphères du PCOF. Guivarch étant le nom de famille de ton compagnon, et sans doute pour donner un côté plus français à ton parcours politique, tu accapares de manière frauduleuse ce patronyme et deviens Susan Guivarch au lieu de… ? – Susan McGrath. »
Mais voilà, la feuille de route du lendemain pour la rencontre avec le leader se transforme en un aller simple pour une prison perdue albanaise. C’est Bessian Bajrani, l’ange gardien de la police que le régime avait donné à Susan, qui l’éclaire sur sa vraie destination  et organise sa fuite clandestine d’Albanie avec son petit garçon, Bobby.
L’Albanie des années 80, ce n’est pas seulement la paranoïa stalinienne d’Hoxha, c’est aussi l’Albanie d’Ismail Kadaré d’Avril brisé. « La seule doctrine que le Régime n’était pas parvenu à étouffer provenait des traditions coutumières édictées dans la loi du Kanun, ordonnant la vengeance pour laver l’offense. » Autrement dit dans son sens étroit la vendetta, la reprise du sang.

 

XVII
Octobre 2015, Mullarkey’s bar, Clifden

« Dans le pub, les musiciens réglaient les balances des instruments et le retour des enceintes. Le guitariste baladait les doigts sur le manche de son Ovation et le bassiste se perdait dans des gimmicks dont les tessitures jazz fusion mettaient en vibration les pintes posées sur le comptoir. »
Alors que nous suivions la fuite de Susan, brusquement, 34 ans après, nous nous retrouvons dans le Connemara. On a l’impression de commencer un autre roman surtout en découvrant Ciara. « Accoudée au bar, Ciara McMurphy bougonnait son agacement à l’intention de sa pinte de Guinness. » Ciara est membre de la Garda, la police irlandaise et elle ne crache ni sur la Guinness ni sur le Jameson. Elle devient le personnage principal de cette seconde partie. Arrive aussi la police albanaise avec Interpol et le MI6.
A partir de là c’est le conflit albanais qui se mélange à celui des loyalistes et des séparatistes incarnés par Bobby le fou.

L’Aigle des tourbières est un polar nerveux qui nous entraîne dans les histoires sanglantes et compliquées de l’Albanie et de l’Irlande, avec des personnages attachants aux drôles et terribles destins. C’est un roman noir passionnant à lire.

Michel Lansade 
(10/07/19)    



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Noir & polar









Gérard COQUET, L’Aigle des Tourbières
Jigal Polar
(Février 2019)
280 pages - 19










Gérard Coquet,

né en 1956, a déjà publié plusieurs romans. L’Aigle des Tourbières est le deuxième paru chez Jigal.