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Flavia COSTE


La plus belle fille du quartier



Bertrand Mèche, le personnage principal, a grandi dans des tours HLM du Bois l’Abbé auprès d’une mère handicapée depuis sa naissance et un père chômeur accro au PMU. Après son bac, c’est l’épicerie du quartier qui l’emploiera à un temps plus que complet mais géré de façon toute personnelle. Le jeune homme timide et gentil, se contenterait de son sort assez facilement tant le contact avec les autres, les livres prêtés par son fidèle ami Polo chauffeur de bibliobus et la beauté qu’il devine dans ce et ceux qui l’entourent lui suffisent. Mais il souffre d’un amour inavoué qui lui pourrit la vie : depuis une dizaine d’années, il est raide amoureux de la plus belle fille du quartier nommée Lamuse sans pouvoir lui adresser le moindre mot quand elle vient chaque jour lui acheter sa barre chocolatée. Si Bertrand a un autre copain, Youssef l’électricien pour s’épancher,  Lamuse, elle, a quatre frères hyper-protecteurs à la réputation de gangsters bien installée…
Un tournage de film Z dans le quartier vient chambouler ce fragile équilibre du quotidien entraînant Bertrand et ses amis dans des aventures rocambolesques et hilarantes, entre visite à la Joconde au Musée du Louvre et chirurgie esthétique à New-York...
« Un remake d'Ocean Eleven au Bois l'Abbé » selon l’éditeur.

Un livre à la première personne du singulier qui démarre de façon assez convenue sur le quotidien d’une bande de cité en région parisienne rapportée avec une langue orale et spontanée assez primaire, pour révéler dès la quarantième page une autre stature avec un scénario décalé, humoristique, débridé et facétieux porté par un langage moins typé et un souffle plus original. Le héros, Bertrand Mèche, mais aussi sa dulcinée, ses parents et ses deux potes de toujours Youssef et Polo y gagnent en épaisseur et en humanité.
Le roman quitte alors le chemin du réalisme social revisité au goût de sitcom pour se faire conte loufoque et mouvementé avec ce qu’il faut d’efficacité, de drôlerie, de rebondissements et de tendresse pour séduire les non-lecteurs endurcis tout en mettant à mal sans avoir l’air d’y toucher les clichés ordinairement plaqués sur les cités.
Un premier roman léger et sympathique qui, comme il convient, se termine bien, à offrir ensuite à vos ados pour les distraire quelques heures un livre en main.

Dominique Baillon-Lalande 
(23/04/19)    



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Flavia COSTE, La plus belle fille du quartier
Tohu Bohu

(Janvier 2019)
192 pages - 15