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Sandrine KAO


Émerveillements


Un album dont le grand format allongé et le graphisme rappellent ceux d’une estampe japonaise. Doux au toucher, il est recouvert d’une sorte de moleskine bleu pastel où le mot ÉMERVEILLEMENTS est « embossé », gravé en creux au-dessus de l’épure du Fuji-Yama, au printemps, comme l’annonce une branche de cerisier en fleurs, moins géométrique que les lettres et le mont célèbre, tout en bas, dans un coin de la couverture. C’est un grand album, aux teintes douces où pourtant éclatent le rouge du chrysanthème, l’orange des fruits d’automne, le jaune du tournesol, le noir de la violence de l’orage ou des sentiments.

Les pages offrent une suite de vignettes de tailles variées. Elles ressemblent à de petits écrans blancs, des fenêtres qui s’allongent, se rétrécissent, s’élargissent jusqu’à devenir de grands panoramiques et occuper toute la page. Sur une fleur, le jour qui se lève, la neige, le printemps qui arrive…  Les couleurs ne les remplissent pas, les dessins sont très épurés, une ligne suffit. Une sorte de petit Pikachu blanc et noir sort de terre, comme Barbapapa, et découvre le monde, les autres, s’enthousiasme, souffre, se pose trente-six mille questions… Tout en jouant comme un tout-petit avec des fruits, des fleurs, des cailloux, ses copains, le texte souligne la portée existentielle de son comportement.

Ses aventures « philosophiques »  se déroulent chacune sur la double page du livre ouvert, portent toutes un titre dont la couleur des lettres va donner à la planche sa tonalité. Elle sera verte, pour l’histoire d’Une graine, sépia pour La caresse du vent… Chaque aventure se termine par une découverte, une petite morale. Pour Le goût du sourire :
                         Le goût de chaque fruit varie.
                         Comme chaque sourire a une saveur unique.

 Un récit d’initiation et un livre initiatique, pas seulement pour les petits, mais pour tous, pour s’émerveiller ensemble de la vie, de la beauté de notre monde et se donner du courage quand ça devient difficile. On peut le lire d’un coup bien sûr, mais surtout on peut y revenir, ne lire qu’une page, laisser reposer, la reprendre, y chercher du réconfort.
                        Il suffit de si peu pour perdre confiance…
                        Il suffit de si peu pour rebondir

 Un album philosophique, à la fois, beau, simple, émouvant et complexe, comme une branche de cerisier en fleurs.

Sylvie Lansade 
(20/09/19)    



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Jeunesse






Grasset Jeunesse
Format 21 x 35 cm
40 pages - 18,90