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Jérémie KISLING

Aurore


Aurore est une adolescente de quinze ans au caractère bien trempé qui n’a pas sa langue dans sa poche. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est elle puisqu’elle est la narratrice de ce roman écrit à la première personne. Et ce qui est une des principales caractéristiques de ce roman, c’est justement l’écriture parce qu’Aurore aime jouer avec les mots, les mélanger, les tordre dans tous les sens, prendre les expressions au pied de la lettre, et s’adresser au lecteur. Un exemple parmi tant d’autres :
— Regardez ce que j'ai trouvé ! il a crié dans les escaliers.
(Il avait rien trouvé dans les escaliers, c'est lui qui était dans les escaliers et qui criait : « Regardez ce que j'ai trouvé ». Faut être attentif à la ponctuation, quand même. C'est comme si on disait « Venez manger, les enfants », c'est moins cruel avec une virgule. J'aurais pu être plus vache avec vous et écrire : « Regardez ce que j'ai trouvé ! a crié mon grand-père dans un élan qui faisait plaisir à voir, en haut des escaliers. »
Voilà, c'est pareil. Il n'a pas crié dans un élan. Et d'ailleurs, y avait pas d'élan dans les escaliers.)
Bon, j'en étais où ? Ah oui, mon grand-père qui crie dans les escaliers.
Il est descendu avec un sourire tout poussiéreux et une loupe éclairée. Non, l'inverse. (Ça y est, vous m'avez embrouillée.)

Aurore, plutôt rebelle et fantasque, aime surprendre et déstabiliser aussi bien ses parents que les enseignants (et même le lecteur). Quand elle apprend, en écoutant une conversation entre ses parents, qu’elle n’est pas leur fille naturelle mais adoptive, elle est très en colère. Et quand Aurore est en colère, ça s’entend ! Elle casse la porte de la salle de bain et s’enfuit pour passer la nuit chez  Xu, son amie chinoise, sa voisine en classe qui habite aussi en face de chez elle.

Le lendemain, toujours en colère, c’est chez le grand-père qu’elle se réfugie. Il sait trouver les mots pour la consoler dans les moments difficiles.
C’est là qu’elle rencontre Sliman, un jeune migrant qui passe devant la fenêtre de la cuisine, très affamé, et ne se fait pas prier pour entrer manger avec Aurore.

Aurore veut absolument retrouver ses parents biologiques et Slimane accepte de l’accompagner dans ses recherches. En route pour l’aventure…

Sliman a une façon très poétique de dire les choses et les conversations entre les deux ados ne manquent pas d’humour.
— J'ai pas vu le temps passer, dis donc, j'ai dit, donc.
— Si, il a répondu. Tu te rappelles quand j'ai entendu un bruit dans les grandes herbes à côté de nous ?
— Oui, c'était un souriceau, sûrement. Ou une souris sotte, ahah.
— Non, non. C'était pas une souricette, c'était le temps. Il a dû passer juste à côté de nous, et on n'a pas fait gaffe.

Voilà un roman qui fera sourire les lecteurs en les entraînant dans une aventure à la fois au cœur de la forêt et sur les chemins sinueux de la langue française. Aurore est pleine d’énergie et on ne s’ennuie pas une seconde en l’accompagnant, d’autant plus que Sliman apporte rapidement sa touche personnelle, tendre et imagée. Un régal d’écriture créative à ne pas manquer !

Serge Cabrol 
(11/09/19)    



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Jeunesse







Slalom

(Août 2019)
160 pages - 10,90


À partir de 12 ans







Jérémie Kisling,
chanteur, auteur-compositeur-interprète, signe avec Aurore son premier roman jeunesse.