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Danielle THIÉRY


Sex doll


Comme dans Féroce (déjà chroniqué ici) nous retrouvons Edwige Marion, commissaire à la direction de la police judiciaire et directrice de l’office central de répression des violences aux personnes, et les membres de son équipe : la capitaine Valentine Cara, la légiste Rose, la psycho-criminologue Alix de Clavery. Un nouveau venu, le commissaire Philémon de Saint-Léger, remplace Zénard l’adjoint de Marion disparu dans l’aventure précédente.
Sherlock Holmes combattait le professeur Moriarty, Edwige Marion va devoir lutter ici contre le mystérieux Docteur X qu’elle connaît malheureusement depuis bien longtemps…

Le roman commence dans un club assez particulier. « Des poupées sexuelles, voilà ce qu'on baisait au XDoll. Des sex dolls ou Xdolls, pour faire plus moderne. Des formats mini – 1,45 mètre –, mais dotés de seins tellement balèzes qu'on ne pouvait pas s'y tromper : l'idée était bien de les faire passer pour des femmes, disponibles sexuellement et vénales. Des prostituées, donc, en silicone. […] L'avantage sur les putes humaines étant qu'elles ne la ramenaient pas et qu'on pouvait les violer, les martyriser sans que jamais elles ne portent plainte. » Et justement, ce jour-là, un client s’est violemment défoulé, laissant la poupée dans un triste état. Martin Brand, le propriétaire du club, est furieux. L’homme, très discret, n’a bien sûr fourni aucune identité et réglé à l’avance en espèces. Toutefois en examinant sa pauvre poupée toute abîmée, il trouve dans sa bouche un numéro de téléphone. Il hésite mais finit par appeler et tombe sur… la commissaire Edwige Marion.
Cette histoire de poupées va se poursuivre au fil du roman, Martin Brand ayant un autre ami dans la police, le capitaine Albert Fréguin dit l’Élégant, qui pourrait peut-être l’aider dans la délicate situation où il s’est fourré.

Mais une autre affaire va mobiliser l’énergie de Marion et son équipe, une affaire bien plus sordide parce qu’il ne s’agit plus de poupées mais de trois femmes dont les corps sont découverts en des lieux différents : la première au cimetière du Père-Lachaise, la deuxième sur la Butte Montmartre et la troisième dans un caddie de Monoprix « pile sous le panneau métallique gris et vert qui expliquait où on se trouvait. Un lieu historique de Paris comme il y en avait des centaines dans toute la capitale. Celui-là était néanmoins particulier en ce sens qu'il n'y avait rien à voir, sinon les cinq dalles de granit incluses dans le bitume de la chaussée, mais il y avait peu de chance pour que l'automobiliste lambda qui roulait dessus chaque jour en ait seulement conscience. Elles rappelaient pourtant que, jusqu'à l'aube du XXe siècle, elles servaient de support à la guillotine qui décapitait les condamnés à mort détenus dans la prison de la Grande Roquette. Pourquoi un corps à cet emplacement-là, cette fois ? »

Marion se sent d’autant plus intimement mise en cause que chaque crime est accompagné d’un sms adressé à l’une de ses proches. Le premier a été reçu par Alix : « Père-Lachaise, Kardec et la vilaine menteuse. Préviens ta chef. » Le deuxième par Valentine : « Rue de la Fontaine-du-But, la vilaine perverse. Préviens ta directrice. » Le troisième par sa fille : « Rue Croix-Faubin, à Paris. Une vilaine pute. Préviens ta mère. »
Comment peut-il connaître leurs numéros de portables ? Pourquoi y a-t-il toujours ce mot « vilaine » dans chaque message ? Qui est-il ? Que veut-il ? Combien de femmes va-t-il encore tuer ?

Beaucoup de questions auxquelles il va falloir trouver des  réponses… Et le Docteur X, seul, connaît les réponses. Une lutte sans merci va s’engager avec une allure de course contre la montre parce que chaque instant perdu peut rapprocher d’un nouveau crime.

Ce qui constitue aussi un intérêt majeur dans cette série d’enquêtes de la commissaire Edwige Marion, ce sont les relations humaines et complexes qu’elle entretient avec tous ceux qui l’entourent.
Ici, c’est sa fille Nina qui vient se réinstaller dans la maison de Marion après un long séjour à Londres. Elles ne sont pas sur la même longueur d’ondes, la cohabitation est difficile.
C’est Philémon de Saint-Léger, son nouvel adjoint, surnommé le petit baron, qui fait preuve d’un dilettantisme qui irrite toute l’équipe au point de déclencher une intervention syndicale.
C’est aussi Alix, la criminologue, qui a tendance à se lancer tête baissée et en solo dans chaque aventure, ce qui lui l’avait sérieusement mise en danger dans Féroce et qui va lui créer bien des soucis et des frayeurs cette fois encore.
Marion doit gérer tout ce petit monde et ce n’est pas une sinécure. Surtout quand le Docteur X  s’immisce dans le cercle et semble prendre du plaisir à les manipuler comme des marionnettes.

Suspense, émotions et rebondissements garantis, Danielle Thiéry est une virtuose dans l’art de nous tenir en haleine.

Serge Cabrol 
(02/08/19)    



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Noir & polar







 Danielle THIÉRY, Sex doll
Flammarion

(Mai 2019)
416 pages - 20 €








Danielle Thiéry,
ancienne commissaire divisionnaire, est l'auteur d'une vingtaine de romans pour les adultes ou la jeunesse. Elle a reçu le prix Polar à Cognac, le prix Exbrayat et le prix du Quai des Orfèvres.


Bio-bibliographie sur
Wikipédia







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