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France BILLAND


L’Absolu et un café


Où il est question d’un homme en détresse
et de sa vie dans les baraques de la réalité

Un thème âpre, un texte savoureux.
L’Absolu et un café est un roman qui prend source dans la vie réelle d’un joueur d’échecs professionnel que l’auteur nomme Arvo Pallas. C’était un être charismatique dont l’intelligence et l’humanisme tiraient leur éclat d’un fond très sombre. Il ne sut résister à la tentation du désespoir et mourut en misérable.
Dans le roman de France Billand, une trentaine de personnages (sans compter les animaux) le racontent, les uns ayant mémoire de ce qu’il fut, les autres de ce qu’il devint. Il en résulte, sous la détresse, le portrait énigmatique d’un homme qui s’échappe toujours du cadre.
Ce qui est captivant, ce qui oblige à tourner les pages sans s’arrêter, c’est la forte présence de tous ces personnages. Tour à tour narrateurs et acteurs dans la vie d’Arvo Pallas, chacun s’exprime dans un langage qui lui est propre, un langage façonné par la vie qu’il mène. De l’un à l’autre le récit change de style et d’humeur. Les monologues et les dialogues sont époustouflants.

L’attraction qu’exercent ces divers narrateurs saisis dans leurs émotions réside aussi dans les événements économiques et politiques qu’ils traversent. Si la détresse d’Arvo Pallas, joueur d’échecs, prend racine dans une fêlure intérieure, elle puise ses aliments dans l’histoire. Un officier des services secrets britanniques nous raconte comment le jeu d’échecs s’inscrivait dans la nébuleuse des réseaux de renseignement pendant la guerre froide. La première amoureuse d’Arvo Pallas nous restitue, avec un lyrisme hypnotique, la vie étudiante, presque édénique, qu’on menait dans les années 1970 à Aix-en-Provence. En fait, la chute d’Arvo Pallas suit étrangement le cours de l’histoire, la flambée des mouvements contestataires puis leur extinction, « la fin des idéaux » puis l’hégémonie des ploutocrates. Tel est le fond du tableau sur lequel France Billand promène un spot qui éclaire des détails inédits.       

Joséphine de Katéti 
(19/02/20)      



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France BILLAND, L’Absolu et un  café
Tituli

(Janvier 2020)
402 pages - 24