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Samira SEDIRA


Des gens comme eux


Un quintuple meurtre a été commis dans une maison d’un village montagnard. Un crime particulièrement sordide.
L’auteur ? Un homme ordinaire. Un homme qui pourrait être vous ou moi.
Pourquoi a-t-il commis ces crimes ? Et pourquoi a-t-il ensuite couru se laver les mains dans la rivière gelée ?
Dans cette histoire, tout est abject et incompréhensible.

La narratrice, femme de l’assassin, se remémore le procès et différents moments qui ont précédé les faits. Elle évoque son mari, ses voisins, la vie. Elle cherche des réponses, des failles, les fêlures qui ont pu la conduire où elle en est aujourd’hui. À quel moment son homme, celui qu’elle aime, a-t-il failli ? Qu’a-t-il bien pu se passer ? Quelle mécanique infernale s’est mise en marche pour le mener à tuer de sang-froid cinq personnes, dont trois enfants, sans que quiconque ne voit rien venir ?
Elle porte la double culpabilité d’être femme d’assassin et celle qui a pêché par cécité.

On reproche tout à une femme de meurtrier : son sang-froid quand elle devrait montrer plus de compassion ; son hystérie quand elle devrait faire preuve de retenue ; sa présence quand elle devrait disparaître ; son absence quand elle devrait avoir la décence d’être là, etc.

L’auteur, avec une précision chirurgicale, dissèque les rancœurs et jalousies qui se sont immiscées, au fil des mois, entre un couple modeste et leurs nouveaux voisins dont le niveau de vie s’étale et impressionne. Ces accumulations de frustrations et  d’amertumes qui ont sans doute conduit un homme ordinaire à se muer en monstre, à commettre l’irréparable, l’inconcevable.

Le texte, inspiré d’un fait divers, est original par son point de vue, celui de la femme du meurtrier, qui lui confère une sensibilité particulière. Il évoque les liens humains qui peuvent se tisser entre personnes de conditions sociales et d’origines différentes, l’ambiguïté des relations qui s’installent, les non-dits, les attitudes, le bonheur affiché, les interprétations et bientôt, les ressentiments.

Un roman fort et captivant.

Cécile De Ram 
(08/01/20)    



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Rouergue

(Janvier 2020)
144 pages - 16,50














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