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Les jumeaux vénitiens

de

Carlo GOLDONI




Charmes et grandeurs du XVIIIème siècle théâtral, les comédies de Carlo Goldoni enchantent les scènes italiennes… En 1745, encore tout jeune auteur, il signe Les jumeaux vénitiens, une comédie hilarante, que reprend Jean-Louis Benoît, au Théâtre Hébertot, en une mise en scène habilement inspirée.

En une vingtaine d’années, Goldoni a écrit plus de deux cents pièces, de la comédie à la tragédie, en passant par le livret d’opéra. Le dramaturge surdoué, avec un plaisir amusé et taquin, parfois cruel jamais malveillant, croque à sa manière les classes sociales de la société vénitienne de son époque : du  bourgeois aux simples gens du peuple.

Zanetto et Tonino, deux jumeaux séparés à la naissance se retrouvent vingt ans plus tard à Vérone en quête de leurs dulcinées. De caractère radicalement opposé, Zanetto élevé à la montagne est un simplet riche, tandis que Tonino éduqué à Venise, si brillant soit-il, est sans le sou. Le fait que l’un et l’autre ne soupçonnent pas leur présence réciproque à Vérone laisse la porte ouverte à des situations de désordre, de rencontres incongrues, de perturbations cocasses dans les cœurs amoureux.
On s’amuse d’entrée du simplet Zanetto, flanqué de son valet Arlequin, s’en venant épouser la jeune Rosaura sous l’œil d’un Pancrace manipulateur jaloux. On s’amuse de ce méli-mélo de serviteurs qui savent plus de secrets que leurs maîtres eux-mêmes, de ces duels à la moindre petite parole, des interventions de la police.

Jean-Louis Benoît déroule à Hébertot une mise en scène clinquante et lumineuse. Sur fond de commedia dell’arte, surgit un embrouillamini de situations risibles, toutes plus loufoques les unes que les autres avec un décor de Vérone aux façades amovibles élégantes imaginées par Jean Haas. On s’harangue, depuis la rue aux fenêtres en étage, le quiproquo en embuscade. Les costumes, signés Frédéric Olivier – à l’image de Béatrice et son sac à dos tout moderne, tout agrafé sur les épaules – ont, sans exagération, les reflets de notre époque.
N’y aurait-il rien de changé depuis le temps ?
Quant au verbe libre comme l’air et savamment pimenté, il triomphe en même temps qu’il cafouille par l’élocution de ses errances et pensées approximatives.
On se gausse. Tout est passé à la moulinette : les illusions, les rêves amoureux. Maxime d’Aboville endosse à merveille les rôles de Zanetto et de Tonino avec, gravitant autour de lui, une bande de comédiens excellents, faisant preuve de générosité et d’énergie afin que le plateau et la salle partagent une guignolade, savamment affutée.
Il n’y a pas de répit. Ça déroule. C’est joyeux, enlevé, dénué de pessimisme et ça se savoure !
Un triomphe. Dépêchez-vous !

Patrick Ottaviani 
(23/10/17)    



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Une loge
pour le strapontin














Théâtre Hébertot

78bis Bd des Batignolles
75017 PARIS

Location :
01 43 87 23 23


Adaptation
et mise scène
Jean-Louis Benoît

Avec 
Maxime d’Aboville
Olivier Sitruk
Victoire Bélézy
Philippe Berodot
Adrien Gamba-Gontard
Benjamin Jungers
Thibault Lacroix
Agnès Pontier
Luc Tremblais
Margaux Van Den Plas

Décors
Jean Haas

Lumières
Joël Hourbeigt

Costumes
Frédéric Olivier

Collaboration artistique
Laurent Delvert