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La poupée
sanglante


Une comédie musicale
d'après le roman de
Gaston Leroux



Le Théâtre de la Huchette, perdu dans son étroite rue entre des restaurants turcs, libanais, indiens, propose depuis bientôt 60 ans La cantatrice chauve et La leçon de Ionesco ; mais aussi des créations qui convoitent, sans doute, d’atteindre cet historique record de représentations. À l’affiche actuellement, une comédie musicale qui a choisi pour sujet une des œuvres de Gaston Leroux : La poupée sanglante, roman d’aventures et de mystère ; drame plein de péripéties, de rebondissements dont une partie est empruntée à l’aventure du docteur Frankenstein de Mary Shelley (1818). Ce n’est donc pas dans la facilité que les deux auteurs de cette adaptation, Didier Bailly et Éric Chantelauze, ont choisi de travailler.

Ils ont pourtant largement surmonté les difficultés d’une telle entreprise. Ainsi, en un peu plus d’heure, avec trois étonnants acteurs-chanteurs : Charlotte Ruby, Alexandre Jerôme et Édouard Thiebaut et un pianiste, Didier Bailly lui-même, ils nous offrent un spectacle de grande qualité. Il est vrai que, malgré leur jeune âge, Charlotte, Alexandre et Édouard sont déjà de grandes pointures et pourraient écraser des pieds dans la cour des grands. La qualité de leur voix ne tient pas du hasard, elle a du métier et de l’expérience.

Pour résumer l’histoire, sans dévoiler son dénouement : en 1923 dans un quartier de l’Île-Saint-Denis – « un quartier désuet, manière de province dans la capitale, qui semble défendue par sa ceinture d’eau de cette éternelle bacchanale que l’on est convenu d’appeler la vie parisienne » (Gaston Leroux, La poupée sanglante) – vit Bénédict Masson un papetier-relieur dont les anges de la beauté n’ont à aucun instant (aucun !) pris la peine de se pencher sur son berceau : il est laid ! Ce qui ne l’empêche pas de tomber follement amoureux de Christine, sa voisine et fille du vieil horloger Norbert. Il lui écrit des poèmes que bien sûr, il ne lui envoie jamais et écoute anxieux les récits qui circulent dans le quartier sur la disparition de plusieurs jeunes filles dont, curieusement, il avait été l’employeur. Est-il le coupable ? Va-t-il être jugé ? Condamné ? À cette époque, on ne plaisante pas avec la justice, la guillotine fonctionne à plein régime et Roger Badinter ne naîtra que cinq ans plus tard.

Les romans de Gaston Leroux foisonnent de personnages, et La poupée sanglante n’échappe pas à cette règle, ainsi Charlotte Ruby, Alexandre Jerôme et Édouard Thiebaut, endosseront pour la circonstance les rôles secondaires indispensables à la compréhension de l’adaptation de ce roman d’aventures et de mystère.

Histoire haletante où les rebondissements ne manquent pas.   

Une heure et demie d’enchantement dans l’univers rétro des années vingt et à l’écoute de couplets portés par des voix d’exception.

David Nahmias 
(15/07/16)    



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Une loge
pour le strapontin















Théâtre de la Huchette


23 rue de La Huchette
75005 PARIS

01 43 26 38 99



Une comédie musicale de
Didier BAILLY
et
Éric CHANTELAUZE

 D’après le roman de
Gaston LEROUX

Mise en scène
Éric CHANTELAUZE

 Avec
Charlotte RUBY
Didier BAILLY
Alexandre JÉRÔME
Édouard THIEBAUT