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La Louve

de

Daniel COLAS



Un petit air de bonheur, en cette rentrée théâtrale au La Bruyère, avec La Louve, une comédie de Daniel Colas mise en scène par lui-même. Une fois la pièce présentée, à la manière d’un chœur antique, devant un monumental miroir qui occupe tout le fond de scène, s’esquissent les tribulations autour d’un trône de France incertain.
Pour situer les choses, on est un peu avant la bataille de Marignan et Louis XII, fatigué, n’en a plus pour très longtemps.
S’il n’était un coup de tonnerre ! Marie (jeune reine de France, sœur d’Henri VIII roi d’Angleterre) clame à hue et à dia « qu’elle est grosse ! »
Les proches de Louis XII sont dans tous leurs états. Le ventre de Marie pose question (grossesse imaginaire ou réalité ?). La louve (Louise de Savoie), mère de François, dépêche auprès de l’entourage du roi, afin d’en savoir un peu plus, son confident, le bègue, qui n’a d’yeux que pour elle. Merveilleux Yvan Garouel dans ce personnage attachant. On se régale à le voir s’emberlificoter avec les mots. Comme pour se venger de son handicap vocal, il lui arrive de lâcher des bordées de phrases et l’on peine également à le suivre. S’il agace, il est un adjuvant majeur dont on ne peut se passer.
Ne pas oublier non plus que dans l’ombre guette le redoutable Suffolk, amant de la reine Marie.

Quant au fougueux François, héritier présomptif du trône de France, il semble étranger à tout ce qui se trame autour de lui. S’il respecte la reine Claude, sa jeune épouse boiteuse, il n’a d’yeux que pour Marie, la jeune reine. Mais maman veille au grain ! Quelle dévotion à l’égard de son fils ! Que de prières  psalmodiées dans les églises pour qu’il soit un jour roi de France ! Que de ruses aussi et quelle revanche sur son enfance gâchée, mariée qu’elle fut à douze ans au vieux comte d’Angoulême.

La Louve est une parodie moderne de la passion pour le pouvoir et tout ce qui en découle : manigances, ruses et coups bas. Entre drôleries et stratagèmes divers, on attend le dénouement pressenti et l’on savoure scène après scène cette partie d’échecs où les protagonistes se rendent coup pour coup.

Dans un espace réduit à un plateau évidé, avec pour tout décor les somptueux costumes époque renaissance des acteurs, Daniel Colas sait l’art d’incarner le verbe et fait preuve d’astuce et de légèreté. La pièce, qui se déroule à la manière d’un thriller, est très agréable, avec un humour omniprésent.
On peut même imaginer, en extrapolant ce bonheur théâtral, ce que seront les coulisses d’une élection présidentielle à venir et les ruses et autres fourberies qui sans doute nous échapperont.
La louve est une pièce tout à fait contemporaine et un très bon spectacle de rentrée.

Patrick Ottaviani 
(07/09/16)    



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Une loge
pour le strapontin














Théâtre La Bruyère

5, rue La Bruyère
75009 PARIS

Location :
01 48 74 76 99





Mise en scène
Daniel COLAS

Avec
Béatrice AGENIN
Gaël GIRAUDEAU
Coralie AUDRET
Maud BAECKER
Yvan GAROUEL
Adrien MELIN
Patrick RAYNAL

Assistante
 à la mise en scène
Victoire BERGER-PERRIN

Décor
Jean HAAS

Costumes
Jean-Daniel VUILLERMOZ

Lumières
Kevin DAUFRESNE

Musique
Sylvain MEYNIAC