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Le marronnier
de la rue
Caulaincourt



de

Veronick Bourdoncle


Au sortir de la station de métro Lamarck-Caulaincourt, il y a, un peu plus bas en descendant les escaliers séculaires, Le funambule Montmartre, aimable théâtre où se joue Le marronnier de la rue Caulaincourt, adaptation du roman de Véronick Bourdoncle, mis en scène par Pascal Vitiello.
On entre, on s’assied dans une salle toute rénovée.

Côté cour, on découvre Edith, assise à proximité d’une table basse sur laquelle trône un ordinateur. Sa mère Mona vient de mourir. Chavirée par le manque et la tristesse, un désarroi supplémentaire l’insupporte : elle est le dernier maillon de la chaine d’une histoire sur trois générations de femmes avec, dans son arbre généalogique, un flou béant au niveau de son grand-père américain Joseph Douglas, dit Jo.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, dans une boîte de jazz, celui-ci avait rencontré Louise, la grand-mère d’Edith, dont il était tombé follement amoureux. Mona, la mère d’Edith était venue au monde peu après.
Un jour, inexplicablement, Jo avait disparu. On l’avait supposé à l’époque reparti pour l’Amérique, mais là-bas, nulle trace le concernant.

Avec la complicité de sa voisine de palier Lucie, vieille amie de la famille, contemporaine de Jo et Louise, Edith va essayer de percer le mystère d’une malédiction généalogique, car tous les ingrédients d’un secret de famille sont ici réunis, avec ses dissimulations feintes ou avouées, ses compromis et ne surtout pas déranger l’harmonie de la filiation.

Les deux comédiennes sont remarquables. Bérengère Dautun campe une Lucie, mémoire de la famille, au regard brillant de pépites affectueuses, tout en subtilité et finesse.
Et puis quelle chance ! Son petit-fils Gary s’en vient des Amériques où il a découvert un dossier « tout brûlant » concernant la disparition de Jo !
On va sans doute  éclaircir le flou de la lignée.
Lou Guyot nous émeut avec une belle interprétation d’Edith. Pétulante, révoltée, elle ne supporte pas d’être le maillon de plus, d’une chaîne familiale aux contours mal définis.

Au lieu d’enfermer la pièce dans les abîmes d’un énième secret de famille, Pascal Vitiello la hisse d’emblée à la réflexion et abat l’une après l’autre les cloisons du mystère. Dans les décors, à peine esquissés, de deux appartements contigus, Edith et Lucie partent en quête de générations d’hommes. La musique off de Summertime,  les accompagne, un moment, et ajoute un côté pathétique à leur recherche.
À noter que nous avions déjà croisé Pascal Vitiello en 2015, au Théâtre de la Comédie Bastille où il signait la mise en scène de  Comtesse de Ségur née Rostopchine, interprétée par Bérengère Dautun. Également producteur d’évènements lyriques, il nous offre là sa quatrième mise en scène.

L’écriture de Veronick Bourdoncle, tout en suspens, est une adaptation de son roman Le marronnier de la Rue Caulaincourt.

Voilà un secret de famille qui nous interpelle, à la dramaturgie et à l’interprétation brillante. À toute l’équipe de la pièce, créée en 2012 par l’association « I can be », nous souhaitons bon vent !

Patrick Ottaviani 
(09/12/16)    



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Une loge
pour le strapontin





















Le funambule Montmartre

53 rue des Saules
75018 PARIS

Location :
01 42 23 88 83





Mise en scène
Pascal Vitiello

Avec
Bérengère Dautun
Lou Guyot

Production
Compagnie Titan