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Mort à crédit

de
Louis-Ferdinand Céline

avec
Éric Sanson





Mort à Crédit de Louis-Ferdinand Céline est le roman qui illustre la langue célinienne dans sa forme la plus aboutie ; une symphonie portée par les mots pour atteindre le doux vertige du verbe. Le spectacle tiré de ce roman que nous propose le Théâtre Essaïon a trouvé une voix pour porter ce texte en la personne d'Eric Sanson (Fondateur du Petit Théâtre à Bordeaux où il se produit). Evidement ce n'est pas l'ensemble du roman que nous écouterons là mais cette période où le jeune Ferdinand rentre au service du pittoresque Roger-Marin Courtial des Pereires directeur du 'Génitron' le périodique favori (vingt-cinq pages) des petits inventeurs-artisans de la Région Parisienne. Ainsi, loin des longs monologues céliniens, Eric Sanson a choisi de donner sa voix tantôt à Ferdinand : Il était pas gros Courtial, mais vivace et bref, et petit costaud. Il annonçait lui-même son âge plusieurs fois par jour…cinquante piges passées… Il tenait encore bon la rampe grâce aux exercices physiques ; tantôt à Courtial : Les muscles, Ferdinand, sans l'esprit, c'est même pas du cheval ! Et l'esprit quand y a plus les muscles c'est de l'électricité sans pile… Pour nous faire revivre ce roman.

Pour simple décor à ce spectacle un fauteuil, une bassine d'eau et une bougie. Renaud Cojo le metteur en scène laisse le texte de Céline habiller l'espace. D'ailleurs les toutes premières minutes du spectacle débutent dans le noir complet comme si seuls les mots devaient occuper la scène et quels mots !

Entre l'adolescent de Mort à Crédit et le maître on découvre peu à peu à travers le jeu de l'acteur comment se dégradera la relation. Ce couple ne peut se séparer : Ferdinand trop jeune et rejeté par son père qu'il a failli tuer, se trouve dans l'impossibilité de quitter cette dernière planche de salut qu'on lui a dénichée. Des Pereires, quant à lui, tient et pour bon compte ! un employé ainsi qu'un allié dont il finit par s'accommoder.
C'est à travers les mots encore que l'on ressent monter les haines sourdes que nos deux personnages retiennent ou délivrent. Peu à peu, à force de vivre avec Courtial dans la grande intimité, j'ai bien saisi sa nature… C'était pas extrêmement brillant tout à fait en dessous. Il était assez carne, mesquin, envieux et sournois… déclare Ferdinand… Les jeunes gens au jour d'aujourd'hui ont le goût du meurtre ! Tout ça Ferdinand ! moi je peux te dire, ça finit boulevard Arago ! Avec la cagoule mon ami ! Avec la cagoule ! Malheur de moi ! Juste Ciel ! J'aurai été responsable… se lamente Courtial.

Dans l'intimité du Théâtre Essaïon, Eric Sanson en robe de chambre, tel que l'on voit Louis-Ferdinand Céline dans certaines photos prises à la fin de sa vie à Meudon, nous déclame avec passion ces pages de Mort à Crédit que j'avais lues dans mon adolescence et qui ont marqué mes lectures. Il est évident qu'Eric Sanson n'a pu que tomber dans ce même bouillon d'émotions pour nous transmettre avec autant de talent et de sensibilité certaines des pages de ce chef-d'œuvre de la littérature française.

David Nahmias 
(21/09/11)    



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Théâtre Essaïon

6, rue de la Pierre au Lard
75004 Paris

Réservation :
01 42 78 46 42








Mise en scène
Renaud Cojo

Lumière
Jean-Pascal Pracht








Visiter le site
de la compagnie
www.sansonmortacredit.
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