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L’écume
des jours


d'après le roman de
Boris Vian



C'est au théâtre de la Huchette, dans le Quartier Latin si cher à Boris Vian, que trois jeunes comédiens s'emparent chaque soir du texte de L’écume des jours et rejouent pour nous l'histoire d'amour, tendre et cruelle, de Chloé et Colin.

On retrouve toute la poésie et le merveilleux de l'écriture de Boris Vian dans l'adaptation de Paul Emond qui s'est emparé avec brio de ce texte où les maisons, quand elles ne changent pas de taille, abritent des paniocktails et des souris attentionnées, où il est possible de vieillir de sept ans en huit jours et où l'on meurt d'un nénuphar dans le poumon… Et c'est sans aucune réserve que l'on plonge pendant près d'une heure et demie dans ce monde de poésie et de fantaisie.

Saluons aussi la mise en scène de Sandrine Molaro et Gilles-Vincent Kapps (à qui l'on doit également la composition musicale) qui, sans renfort d'artifice mais en utilisant au mieux la grâce des jeunes Roxane Bret, Maxime Bouteraon et Antoine Paulin, nous transporte dans l'après-guerre, dans un temps où un certain Jean-Sol Partre pouvait faire perdre la tête de la jeunesse intellectuelle et où les amoureux se rencontraient dans les patinoires et les surprises parties au rythme du jazz. C'est d'ailleurs sous le patronage de Duke Ellington et d'autres jazzmen de l'époque que se déroule cette pièce qui nous fait revivre l'atmosphère du Saint-Germain-des-Prés des années 40. Les comédiens eux-mêmes se font chanteurs et musiciens pour nous faire entrer dans l'histoire, belle et tragique, de L’écume des jours que Raymond Queneau tenait pour « Le plus poignant des romans d'amour contemporains ».

De l'insouciance de la jeunesse à la folie de la passion, du coup de foudre à la tragédie de la maladie de l'être aimé, les trois interprètes, véritable trio de jazz, arrivent à nous faire ressentir toutes les nuances, belles et ironiques, de cette histoire intemporelle d'amour et d'amitié qui va se fracasser sur la tristesse du monde adulte. Car avec L’écume des jours Boris Vian n'a pas seulement livré un conte merveilleux, il s'est aussi attaqué à la dureté du monde du travail et critiqué la religion et la société bien-pensante de son époque. C'est tout cela que l'on retrouve dans ce spectacle musical duquel on sort néanmoins, grâce au talent et à l'élan de la jeunesse des interprètes, heureux et chantonnant quelques notes du fameux standard de Duke Ellington Chloé...

Amandine Farges 
(24/03/17)    



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Une loge
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Théâtre de la Huchette


23 rue de La Huchette
75005 PARIS

01 43 26 38 99



Adaptation
Paul EMOND

Mise  en scène
Sandrine MOLARO
&
Gilles-Vincent KAPPS

Avec 
Roxane BRET
Maxime BOUTERAON
Antoine PAULIN